Présidentielle en Ukraine : Zaloujny se dit prêt à affronter Zelensky

Un tabou politique vient de tomber à Kiev. Valeriy Zaloujny, ancien commandant en chef des forces armées ukrainiennes et actuel ambassadeur d’Ukraine au Royaume-Uni, a informé le président Volodymyr Zelensky qu’il serait prêt à briguer la présidence si des élections se tenaient à l’automne, rapporte Ukrainska Pravda. La rencontre s’est déroulée à Kiev, alors que la question du calendrier électoral ukrainien reste suspendue à l’évolution du conflit avec la Russie.

Un entretien resté sans issue

Aucun accord n’est sorti de cet échange. D’après les sources du média ukrainien proches du gouvernement, l’Office présidentiel envisageait plusieurs pistes pour Zaloujny, du poste diplomatique jusqu’à la primature. L’ancien général aurait écarté ces offres, invoquant non pas une ambition personnelle mais le poids d’une attente populaire qu’il ne pourrait, selon lui, balayer d’un revers de main. Les deux hommes se sont séparés sur une poignée de main, sans qu’aucune fonction ne lui ait été formellement attribuée.

Zaloujny a occupé le poste de commandant en chef des forces armées ukrainiennes de 2021 jusqu’à son limogeage par Zelensky en février 2024, une décision officiellement justifiée par la nécessité de renouveler l’approche militaire, mais largement interprétée à l’époque comme une réponse à la popularité croissante du général. Il a ensuite été nommé ambassadeur au Royaume-Uni, un poste qu’il occupe toujours.

Une candidature conditionnée à la tenue d’élections

Le déplacement de Zaloujny à Kiev aurait eu lieu peu avant la démission du Premier ministre britannique, dans un climat où la question électorale ukrainienne redevient centrale. La Constitution ukrainienne interdit en principe l’organisation d’un scrutin pendant la loi martiale, un régime prolongé à plusieurs reprises depuis 2022 et reconduit par Zelensky via un projet de loi transmis à la Rada. Le sujet d’élections figurerait toutefois parmi les points discutés dans le cadre des négociations engagées entre les États-Unis et la Russie, selon plusieurs analyses relayées ces derniers mois.

D’autres contacts politiques à Kiev

Le passage de Zaloujny dans la capitale ne s’est pas limité au président. L’ancien commandant a également échangé avec Roustem Oumierov, à la tête du Conseil national de sécurité et de défense, et avec Davyd Arakhamia, qui dirige le parti au pouvoir Serviteur du peuple. Ce double contact, distinct de l’entrevue présidentielle, laisse penser qu’une éventuelle candidature dépasse déjà le seul dialogue avec Zelensky pour s’étendre aux cercles décisionnaires du pays.

Plusieurs sondages publiés ces derniers mois placent Zaloujny en tête des personnalités jouissant de la plus forte confiance publique en Ukraine, devançant régulièrement Zelensky dans les intentions de vote pour une éventuelle présidentielle. Une enquête menée par l’institut Rating fin juillet 2025 créditait Zelensky de 31 % des intentions de vote contre 25 % pour Zaloujny, tandis qu’un hypothétique « Parti de Zaloujny » devançait le bloc présidentiel dans la perspective d’élections législatives.

Zaloujny lui-même s’était jusqu’ici refusé à trancher publiquement la question, expliquant en février 2025 que le sujet ne deviendrait pertinent que lorsque l’État ukrainien ne serait plus menacé. Son message transmis à Zelensky marque ainsi une inflexion, sans pour autant constituer une annonce formelle de candidature.

Aucune date d’élection n’a été fixée à ce stade. La décision d’organiser ou non un scrutin cet automne dépendra de la levée de la loi martiale, dont la prochaine échéance de reconduction doit être examinée par la Rada.

Laisser un commentaire