Afrique de l’Ouest : la Thaïlande veut renforcer sa coopération économique avec la CEDEAO

Le Nigeria accueille cette semaine une offensive diplomatique thaïlandaise tournée vers l’Afrique de l’Ouest. Le 26 août, la Thaïlande et la CEDEAO ont discuté à Abuja de nouvelles pistes de coopération dans plusieurs secteurs économiques et sociaux.

La rencontre entre Sihasak Phuangketkeow, vice-Premier ministre et ministre thaïlandais des Affaires étrangères, et Damtien Tchintchibidja, vice-présidente de la Commission de la CEDEAO, intervient alors que Bangkok cherche à développer ses échanges avec les économies africaines. Les discussions ont porté sur la sécurité alimentaire, le tourisme, la formation des ressources humaines et la santé publique.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Une économie de près de 600 milliards de dollars

La Thaïlande dispose d’un poids économique qui peut intéresser les pays ouest-africains. Son produit intérieur brut a atteint environ 577 milliards de dollars en 2025, contre 529 milliards un an plus tôt, selon les données de la Banque mondiale. Le pays possède une base industrielle diversifiée et une économie fortement tournée vers les échanges internationaux.

L’électronique, l’industrie manufacturière, l’agroalimentaire, le tourisme et les services figurent parmi ses secteurs importants. Cette situation pourrait renforcer l’intérêt de Bangkok pour de nouveaux marchés. Le gouvernement thaïlandais présente d’ailleurs son Initiative Thaïlande-Afrique comme un moyen de développer des coopérations politiques, économiques et de développement avec le continent.

La CEDEAO peut rechercher plus que des importations

Pour l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu sera de transformer cette ouverture en opportunités concrètes. La région pourrait chercher à attirer des investissements thaïlandais dans la transformation agricole, les équipements, le tourisme, la formation professionnelle et les services numériques. L’agriculture offre déjà une piste. En janvier, les autorités thaïlandaises avaient identifié le marché nigérian comme un débouché pour le riz et les machines agricoles.

Les deux pays travaillent aussi sur des échanges de compétences et de technologies agricoles. L’intérêt pourrait donc dépasser la simple vente de produits thaïlandais. Des entreprises des deux régions pourraient développer des unités de production, des programmes de formation ou des partenariats technologiques. La CEDEAO pourrait aussi chercher à négocier des transferts de compétences afin que les investissements profitent davantage aux économies locales.

Bangkok veut rapprocher la CEDEAO et l’ASEAN

La Thaïlande souhaite aussi renforcer les relations entre la CEDEAO et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Cette approche élargirait les possibilités de coopération au-delà des relations bilatérales.
Le calendrier montre déjà une volonté de passer aux affaires. Le 27 août, Bangkok doit réunir des entreprises thaïlandaises et nigérianes à Lagos lors du Thailand-Nigeria Business Forum pour rechercher des possibilités commerciales et d’investissement. Pour la CEDEAO, ce rapprochement pourrait ainsi ouvrir un accès à de nouveaux capitaux, technologies et marchés asiatiques. La priorité sera désormais de transformer les discussions diplomatiques en projets économiques mesurables.

Laisser un commentaire