Afrique: la Chine et les USA s'affrontent sur le plus grand projet d'aéroport du continent, en Ethiopie

Le projet du futur aéroport international de Bishoftu, en Éthiopie, s’impose depuis plusieurs mois comme un dossier stratégique à la fois pour Washington et pour Pékin. Dévoilé par Ethiopian Airlines et évoqué dans la presse internationale, le chantier, situé à environ 40 kilomètres d’Addis-Abeba, doit commencer à transformer le paysage aérien régional à partir de 2030. Le 16 août 2026, il a notamment été rapporté que les entreprises chinoises occupaient une place importante parmi les groupes présélectionnés pour sa construction, tandis que les États-Unis cherchent à obtenir une partie des contrats liés aux équipements et aux technologies.

Le projet affiche des dimensions inédites pour le continent africain. Ethiopian Airlines prévoit une capacité de 60 millions de passagers par an dès 2030, puis jusqu’à 110 millions lorsque l’ensemble des installations sera terminé. L’aéroport pourrait également traiter près de 4 millions de tonnes de marchandises chaque année. Les premiers travaux de terrassement représentent environ 610 millions de dollars, pour un coût total estimé à 12,5 milliards de dollars.

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Une bataille pour les contrats

Sur les marchés liés au génie civil, les entreprises chinoises ont une vraie longueur d’avance. Près de la moitié des sociétés et coentreprises présélectionnées par Ethiopian Airlines seraient chinoises. China Civil Engineering Construction Corporation et China Road and Bridge Corporation figurent parmi les candidats. Ces groupes disposent déjà d’une expérience importante en Éthiopie et plus largement dans les infrastructures africaines.

Les entreprises américaines cherchent toutefois à se positionner sur d’autres segments. Boeing et GE pourraient notamment participer aux équipements et aux systèmes aéroportuaires. Washington souhaite aussi mobiliser des financements américains autour du projet. L’International Development Finance Corporation, l’Export-Import Bank et JPMorgan Chase ont manifesté leur intérêt.

L’Afrique attise les convoitises

L’Afrique est devenue un terrain majeur de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. Les deux super-puissances cherchent à y renforcer leur présence économique et diplomatique, notamment à travers des partenariats concernant le développement des infrastructures, des technologies, les énergies et l’accès aux ressources stratégiques. Pékin dispose déjà d’une implantation importante grâce à ses investissements dans les routes, les ports, les chemins de fer et les télécommunications. Washington cherche désormais à accroître son influence et à proposer davantage d’alternatives aux partenaires africains.

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