Les relations entre la Chine et les États-Unis ont été placées sous le signe de la prévention des crises jeudi 24 septembre à Washington. Lors de sa rencontre avec Donald Trump à la Maison-Blanche, Xi Jinping a proposé de renforcer les échanges entre les deux armées et les dispositifs permettant de gérer une éventuelle crise.
Un dialogue militaire pour prévenir les crises
Le président chinois a appelé les deux puissances à maintenir des contacts réguliers entre leurs forces armées. Il souhaite aussi améliorer les canaux de communication susceptibles d’être utilisés lorsqu’une situation militaire devient tendue.
Cette proposition intervient alors que les désaccords restent nombreux entre Pékin et Washington, sur Taïwan, les technologies avancées, l’intelligence artificielle et les échanges commerciaux. Xi Jinping a défendu l’idée d’un dialogue politique régulier, malgré les différences entre les deux pays.
Lors de son entretien avec Donald Trump, il a résumé sa position en estimant que « la Chine et les États-Unis ont tout à gagner de la coopération et tout à perdre de la confrontation ». Le dirigeant chinois a également appelé à des discussions « franches, approfondies et continues » afin d’améliorer la compréhension mutuelle et de renforcer la confiance.
Xi Jinping a aussi repris une notion qu’il avait déjà évoquée lors de sa rencontre avec Trump à Pékin en mai : le « piège de Thucydide ». Cette expression désigne le risque d’un affrontement lorsqu’une puissance émergente remet en cause la position d’une puissance dominante. Selon le président chinois, ce scénario peut être évité par une coexistence pacifique.
Une formule déjà adoptée à Pékin en mai
La proposition formulée à Washington intervient quelques mois après une première rencontre entre les deux dirigeants en Chine. Lors du sommet de mai, Donald Trump et Xi Jinping avaient convenu de rechercher une relation fondée sur une « stabilité stratégique constructive ». La Maison-Blanche avait alors indiqué que ce cadre devait reposer sur l’équité et la réciprocité.
Ce principe constitue désormais un cadre de référence pour les discussions entre les deux gouvernements. Xi Jinping l’a de nouveau défendu à Washington, en appelant les deux pays à gérer leurs divergences sans laisser leur compétition déboucher sur une confrontation.
Un autre élément ressort de la rencontre : le président chinois a proposé d’accueillir 100 000 jeunes Américains en Chine dans le cadre d’échanges étudiants. Cette proposition accompagne son appel à multiplier les contacts entre les deux sociétés.
Des tensions qui restent présentes
La recherche d’une stabilité stratégique ne signifie pas la disparition des désaccords. La question de Taïwan demeure une source de tension entre Pékin et Washington, tandis que les deux puissances poursuivent leur compétition dans les technologies avancées et l’intelligence artificielle.
Quelques jours avant le sommet, des responsables américains et chinois avaient déjà discuté de la possibilité d’établir un mécanisme consacré aux risques liés à l’IA et à la communication en cas d’incident. Ces discussions avaient également été engagées en mai sans aboutir jusque-là à la création d’un dispositif formel.
À la Maison-Blanche, Donald Trump a de son côté décrit sa relation avec Xi Jinping comme une « grande amitié ». L’accueil réservé au dirigeant chinois était particulièrement cérémoniel, pour sa première visite à Washington depuis 2015.



