Agriculture au Bénin : les producteurs fixés sur les conditions d'accès aux primes de l'État

Des producteurs de coton, de riz, d’anacarde et de soja connaissent désormais les critères précis pour toucher les primes promises par l’État. La Chambre Nationale d’Agriculture du Bénin (CNA-Bénin) a réuni les faîtières de ces quatre filières les 26 et 27 août 2026, respectivement à Dassa-Zoumé et Parakou, pour détailler les obligations à respecter.

Trois volets de conditions

Le président de la CNA-Bénin, Imali Hermann Djetta, a réparti les exigences en trois catégories. Sur la production, les exploitants devront respecter les calendriers de culture, appliquer les bonnes pratiques agricoles et déclarer sincèrement leurs superficies et prévisions de récolte. Ils devront aussi conserver tout document attestant de la réalité de leur production.

(📲 Rejoignez dès maintenant 👉 la communauté de La Nouvelle Tribune sur WhatsApp !)

Le volet transformation impose une récolte au bon stade, un séchage et un stockage conformes aux taux d’humidité requis, ainsi qu’un tri soigné limitant les impuretés. L’usage des produits phytosanitaires et le respect des délais avant récolte figurent également parmi les points de vigilance.

Sur la commercialisation, les producteurs sont invités à privilégier les circuits formels, respecter leurs engagements avec les acheteurs et conserver les preuves de livraison et de paiement. La CNA-Bénin recommande d’écarter toute transaction non documentée, susceptible de nuire à la traçabilité des filières.

Les primes en jeu

Ces conditions concrétisent les mesures adoptées en Conseil des ministres le 3 juin 2026. Le gouvernement avait alors annoncé une prime de 10 FCFA par kilogramme pour les cotonculteurs, si la production nationale franchit le seuil de 700 000 tonnes durant la campagne 2026-2027. Des primes équivalentes avaient été promises aux filières soja, riz et anacarde, sous réserve que les usines locales atteignent leurs capacités de transformation fixées à 450 000 tonnes pour le soja, 350 000 tonnes pour le riz et 200 000 tonnes pour le cajou. Ces engagements complétaient le maintien des prix subventionnés des engrais, décidé un mois plus tôt pour un montant de plus de 31,8 milliards FCFA.

Ce seuil de 700 000 tonnes reste ambitieux : lors de la campagne 2025-2026, la production cotonnière béninoise s’était établie à 533 590 tonnes, en recul de 16,3 % sur un an, selon le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique.

Un appel à la mobilisation

Le président de la CNA-Bénin a exhorté les producteurs à orienter leurs matières premières vers les usines béninoises, y voyant un enjeu de souveraineté agricole et agro-industrielle créateur d’emplois pour les jeunes. « Produisons davantage, et vendons prioritairement à nos usines béninoises », a-t-il déclaré. Il a également invité les exploitants à s’approprier les mesures gouvernementales et à participer aux rencontres de sensibilisation prévues dans les prochaines semaines.

Pour lui, la responsabilité incombe désormais aux acteurs locaux : « il nous revient collectivement de veiller à ce que chaque producteur, dans chaque village, dans chaque commune comprenne les mesures prises par le gouvernement ». D’autres séances de sensibilisation devraient suivre dans les prochaines semaines pour couvrir l’ensemble des bassins de production concernés.

Laisser un commentaire