Algérie - Niger : après les hélicoptères, un pari énergétique commun majeur

Quatre hélicoptères militaires offerts par l’Algérie sont arrivés à Niamey le 9 août, quelques jours avant le lancement d’un nouveau puits pétrolier entre les deux pays. Le puits d’exploration « Kafra Sud-Est 1 », situé à la frontière avec l’Algérie, a été inauguré le jeudi suivant, dans le nord désertique du Niger.

Un forage porté par Sonatrach et Sonidep

Une fois achevé, le puits doit descendre jusqu’à 3 900 mètres sous le sol nigérien. Il vise à confirmer des réserves déjà estimées à plus de 260 millions de barils. Les opérations sont menées par ENAFOR, filiale du groupe public algérien Sonatrach, dans le cadre d’un contrat de partage de production signé en 2015 avec le Niger et renouvelé en 2022. La compagnie algérienne détient 50 % du projet, l’autre moitié revenant à la société nigérienne des hydrocarbures Sonidep. Ce troisième puits fait suite à deux découvertes réalisées sur le même bloc en 2018 et 2019, pour des réserves cumulées dépassant 568 millions de barils.

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Niamey ambitionne d’ajouter 90 000 barils par jour à sa production grâce à ce gisement, portant le total national à 110 000 barils quotidiens, contre 20 000 barils actuellement raffinés sur place. Le pays extrait par ailleurs 90 000 barils de brut par jour à Agadem, dans le nord-est, exploité par la China National Petroleum Corporation et exporté via le Bénin.

Des hélicoptères à la centrale électrique

Le don militaire du 9 août comprenait deux hélicoptères Mi-24V et deux Mi-171, ainsi que des équipements et des munitions, acheminés depuis la base algérienne d’In Guezzam. Ce geste s’ajoute à une série de coopérations engagées depuis la normalisation diplomatique de février 2026, lorsque les ambassadeurs d’Algérie et du Niger avaient regagné leurs postes respectifs, dix mois après une rupture provoquée par la destruction d’un drone malien près de la frontière algérienne.

En mars, la Grande Commission mixte algéro-nigérienne réunie à Niamey avait débouché sur la signature de douze accords couvrant l’énergie, la santé, l’industrie et l’enseignement supérieur, dont un mémorandum spécifique aux hydrocarbures. Le 3 juin, le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb s’était rendu à Niamey pour inaugurer une centrale électrique de solidarité de 40 mégawatts, installée à Gorou Banda pour alimenter la capitale nigérienne et sa périphérie. Fin juin, une délégation de six ministres nigériens avait ensuite été reçue à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune afin de suivre l’avancement de ces projets.

Une stratégie régionale plus large pour Alger

Ce rapprochement énergétique et sécuritaire avec le Niger s’accompagne d’un mouvement comparable ailleurs au Sahel. En février, une délégation du ministère algérien des Hydrocarbures et des Mines avait signé un procès-verbal de coopération avec le Burkina Faso, portant sur les mines et l’énergie. « Nous sommes dans le même camp et nous coopérons au maximum en mobilisant toutes les capacités et l’expertise », avait déclaré Abdelmadjid Tebboune au sujet de la lutte contre les groupes armés dans la région.

Le gazoduc transsaharien, censé relier le gaz nigérian à l’Europe via le Niger et l’Algérie, figure également parmi les projets relancés dans ce cadre. Estimé à 13 milliards de dollars d’investissement, cet ouvrage de 4 000 kilomètres reste sans date d’achèvement annoncée, alors que la partie nigériane du tracé a déjà progressé.

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