Vie chère au Burkina : Ibrahim Traoré évoque un contrôle direct de l’État sur certains produits

Ibrahim Traoré hausse le ton face à la vie chère. Le président burkinabè envisage que l’État prenne directement en charge l’importation de certains produits et fixe leur prix.

Le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, a durci le ton face aux commerçants qu’il accuse de profiter de la situation économique pour faire supporter davantage de charges à la population. Lors d’une récente intervention, le chef de l’État a évoqué la possibilité pour les pouvoirs publics de prendre directement en charge l’importation de certains produits et d’en contrôler les prix.

L’hypothèse avancée va au-delà du simple encadrement du marché. Ibrahim Traoré a expliqué que certains produits pourraient bientôt être « exclusivement importés par l’État », avec une intervention de Faso Yaar dans la fixation des prix. Il a également évoqué la création d’un nouveau réseau de distribution si les commerçants concernés ne se conforment pas aux orientations des autorités.

Des jeunes pourraient être formés pour assurer la distribution

Le président burkinabè a ainsi indiqué que l’État pourrait recruter et former de jeunes personnes, puis leur fournir les marchandises à l’avance avec un prix fixé afin qu’elles les commercialisent sur l’ensemble du territoire.

« Ceux qui sont dans ça, ils vont fermer boutique », a prévenu Ibrahim Traoré, estimant que personne ne doit profiter des difficultés rencontrées par la population alors que le pays fait face à la menace terroriste.

Le chef de l’État assure que cette perspective ne constitue pas encore une décision définitive. Il affirme que les autorités privilégient depuis plus d’un an le dialogue, la communication et la sensibilisation. Mais il avertit qu’une décision pourrait être appliquée sans retour en arrière : « Le jour qu’on va décider, ça sera irréversible », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Si vous ne cessez pas, on va y aller. »

Cette déclaration intervient alors que Faso Yaar joue déjà un rôle dans la régulation de l’accès à certains produits. Depuis février 2026, le dispositif mène des opérations de vente de produits de grande consommation dans plusieurs régions du pays. Sucre, huile, savon et certains jus figurent notamment parmi les produits concernés, avec une commercialisation à des prix encadrés. Une opération lancée en février prévoyait un déploiement à travers une soixantaine de points de vente répartis dans 30 localités.

La nouvelle sortie d’Ibrahim Traoré ouvre ainsi la perspective d’une intervention encore plus directe de l’État si les pratiques commerciales dénoncées par les autorités se poursuivent.

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