Une session du programme Defence Education Enhancement Programme (DEEP) de l’OTAN se tiendra au Maroc d’ici la fin 2026 ou début 2027. Ce rendez-vous, révélé mercredi par Africa Intelligence, sera consacré à la formation des sous-officiers de plusieurs armées africaines.
Un partenariat qui s’ajoute à African Lion
Cette annonce intervient quelques mois après African Lion 2026, le plus grand exercice militaire organisé sur le continent africain, conduit du 20 avril au 8 mai dernier entre le Maroc, les États-Unis et près de quarante nations partenaires. Piloté par l’Africom aux côtés des Forces armées royales (FAR), cet exercice avait mobilisé plus de 5 600 militaires à travers quatre pays hôtes — le royaume, le Ghana, le Sénégal et la Tunisie — avec un volet marqué par l’intégration de drones, de systèmes anti-drones et d’outils de commandement assistés par intelligence artificielle. Six semaines après sa clôture, un protocole d’accord a par ailleurs été signé le 13 juillet entre les FAR et l’Africom pour créer à Tan-Tan un centre africain de formation et d’expérimentation multidomaine. C’est dans la continuité de cet engagement américain qu’intervient désormais l’entrée en scène de l’Alliance atlantique.
Rabat, relais des standards militaires occidentaux
Le royaume a officiellement rejoint le DEEP en 2025, un dispositif lancé par l’OTAN en 2007 pour épauler les pays partenaires dans la réforme de leurs établissements d’enseignement militaire. Selon le rapport annuel 2025 de l’Alliance, près de 600 activités DEEP ont été organisées l’an dernier à travers le monde, mobilisant environ 1 800 experts issus des pays membres. C’est l’ambassadeur marocain auprès de l’Union européenne, Ahmed Réda Chami, qui conduit actuellement les discussions avec l’Alliance en vue de la tenue de cette session au Maroc.
Le document de l’OTAN évoque également un mécanisme trilatéral associant l’Alliance, le Maroc et plusieurs pays tiers africains, destiné à soutenir l’évolution des corps de sous-officiers sur le continent. Les FAR ont, de leur côté, adopté les programmes de référence DEEP pour la formation de leurs propres sous-officiers, une expérience amorcée dès 2020 à l’École royale des blindés de Meknès avant d’être étendue aux autres établissements militaires du royaume.
Une expertise déjà éprouvée localement
Un expert militaire cité par la presse marocaine explique que ce programme, dont le transfert d’expertise est assuré par l’Otan, vise à professionnaliser les établissements de formation du pays, en couvrant aussi bien les compétences techniques que les langues étrangères. Cette montée en compétence interne semble désormais servir de socle à une projection régionale : le portail officiel du programme DEEP indique que des échanges sont en cours pour transposer l’expérience marocaine au bénéfice d’autres forces armées africaines.
Le calendrier précis de la session marocaine n’a pas encore été confirmé par l’OTAN ou par Rabat. Elle devrait néanmoins se tenir dans un cadre où l’Alliance réoriente son plan d’action pour le voisinage méridional, avec la nomination annoncée d’un représentant spécial dédié à cette zone.



