La Chine a annoncé mercredi une série de mesures de rétorsion visant plusieurs entreprises américaines, en réponse aux récentes restrictions décidées par les États-Unis contre des sociétés et produits chinois. Selon le ministère chinois du Commerce, six entités américaines sont désormais inscrites sur une liste noire, tandis que de nouvelles limitations concernent aussi certaines exportations liées aux drones.
Le porte-parole du ministère a justifié cette décision en affirmant que Pékin « n’a d’autre choix que de prendre les contre-mesures nécessaires » face aux mesures prises par Washington.
Six entreprises américaines placées sur liste noire
Les autorités chinoises interdisent désormais aux entreprises et aux particuliers présents sur leur territoire de commercer ou de coopérer avec les six sociétés américaines visées. Parmi elles figurent Applied DNA Sciences, spécialisée dans les biotechnologies, ainsi que Stratum Reservoir, active dans les services liés aux géosciences.
Le ministère chinois du Commerce a également annoncé un renforcement du contrôle des exportations vers les États-Unis de biens à double usage associés aux drones. Ces produits, susceptibles d’avoir des applications civiles comme militaires, feront l’objet d’une surveillance accrue.
Dans le même temps, les autorités chinoises ont engagé des enquêtes portant sur les importations d’imprimantes et de photocopieurs de bureau, invoquant elles aussi des motifs de sécurité nationale. Des entreprises américaines spécialisées dans les essais de conformité figurent également parmi les nouvelles entités sanctionnées.
Les mesures américaines à l’origine de la riposte
Cette réponse intervient après plusieurs décisions annoncées par l’administration du président Donald Trump. Les États-Unis ont instauré de nouveaux droits de douane visant plusieurs dizaines de partenaires commerciaux, dont la Chine, estimant que ces pays ne prennent pas suffisamment de mesures contre les produits issus du travail forcé. Cette initiative découle d’une enquête menée par le Bureau du représentant américain au commerce (USTR).
À la fin du mois de juillet, Washington a aussi interdit l’importation de plusieurs robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l’étranger, principalement en Chine. Les autorités américaines estiment que ces équipements présentent « des risques inacceptables pour la sécurité nationale ».
Une stratégie américaine élargie aux technologies sensibles
Depuis plusieurs années, les États-Unis ne limitent plus leur politique commerciale aux seuls droits de douane. Les restrictions américaines reposent désormais aussi sur des arguments liés à la sécurité nationale, au contrôle des exportations et à la lutte contre le travail forcé, avec une attention croissante portée aux secteurs technologiques.
Cette orientation s’appuie également sur l’Uyghur Forced Labor Prevention Act (UFLPA), une loi entrée en vigueur en 2022 qui bloque l’entrée sur le marché américain de produits présumés issus du travail forcé dans la région chinoise du Xinjiang, sauf preuve contraire apportée par les importateurs. Au fil des années, ce dispositif a été étendu à un nombre croissant d’industries stratégiques, allant des composants électroniques aux équipements de pointe, alors que les questions de sécurité nationale prennent une place de plus en plus importante dans les échanges commerciaux entre les deux premières économies mondiales.



