Après QNET en Côte d'Ivoire, la Guinée alerte sur des arnaques crypto

La Guinée fait face à une multiplication d’offres d’investissement en crypto-actifs qui inquiète la Banque centrale. Dans un communiqué daté du 6 août 2026 et relayé dans les médias locaux en début de semaine, la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a alerté les épargnants sur des plateformes promettant des rendements rapides et élevés, dont certaines présentent, selon elle, les caractéristiques de systèmes pyramidaux de type Ponzi.

Le phénomène prend de l’ampleur depuis plusieurs mois. Selon les informations disponibles, des épargnants ont placé de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros sur ces plateformes, attirés par des taux d’intérêt élevés et la perspective de gains rapides. Certains ne parviennent désormais plus à récupérer leur argent. Une plateforme baptisée McGivern a fermé le 10 août, laissant ses investisseurs dans l’impossibilité de retirer leurs fonds après la diffusion du communiqué de la banque centrale, rapporte RFI.

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La BCRG alerte sur les plateformes non agréées

La Banque centrale indique que ces offres circulent largement sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques. Elle affirme n’avoir accordé « aucun agrément ni autorisation » à des entreprises, entités ou particuliers pour collecter des fonds auprès du public ou proposer des activités de placement et d’investissement en cryptomonnaies.

La BCRG rappelle aussi que le franc guinéen reste la seule monnaie ayant cours légal dans le pays. Les crypto-actifs, dont le Bitcoin, « ne constituent pas une monnaie légale » et ne sont, selon l’institution, ni régulés ni garantis par une autorité publique.

Le mécanisme dénoncé repose, dans certains cas, sur l’arrivée permanente de nouveaux investisseurs. Les sommes apportées par les nouveaux souscripteurs servent alors à rémunérer les premiers participants, jusqu’à ce que le système ne puisse plus fonctionner. La BCRG demande au public de ne pas confier d’argent à des structures non agréées et appelle les opérateurs de paiement à identifier, bloquer et signaler les comptes utilisés dans des opérations frauduleuses.

Cette alerte intervient alors que la Côte d’Ivoire vient de connaître le dénouement judiciaire d’une affaire emblématique liée aux mécanismes pyramidaux.

QNET, un précédent judiciaire en Côte d’Ivoire

En Côte d’Ivoire, QNET s’était développé autour d’un modèle de vente directe et de marketing de réseau, avec un système dans lequel les adhérents étaient encouragés à intégrer de nouveaux membres. L’affaire a pris une dimension controversée lorsque les autorités ont été alertées sur des pratiques associées à la collecte de fonds et à des promesses de revenus élevés. Le gouvernement ivoirien a finalement interdit, en juillet 2020, les activités de QNET ADM ainsi que celles de structures qui lui étaient affiliées.

Cette interdiction n’a toutefois pas mis fin aux difficultés liées à ce réseau. Le dossier a progressivement pris une tournure judiciaire, QNET ADM SARL et plusieurs personnes étant poursuivies pour des faits d’escroquerie portant sur des numéraires et de blanchiment de capitaux. Lors des audiences, le parquet a notamment mis en cause un fonctionnement reposant sur le recrutement de nouveaux adhérents et les sommes versées par ceux-ci.

L’affaire a encore connu des développements en 2026. En mai, 28 ressortissants ghanéens présumés victimes d’exploitation économique liée à des activités de type QNET ont été pris en charge à Bondoukou, tandis que quatre personnes étaient présentées au parquet. Le dossier judiciaire s’est ensuite poursuivi à Abidjan, où le Pôle pénal économique et financier a ordonné fin juillet la fermeture de QNET ADM.

Liyeplimal, l’autre précédent lié aux cryptomonnaies

Le Cameroun a connu une affaire présentant un lien encore plus direct avec les crypto-actifs : Liyeplimal. Le système porté par Global Investment Trading et son promoteur Émile Parfait Simb proposait des investissements sous forme de packs et s’appuyait sur le recrutement de nouveaux membres. Les difficultés sont apparues lorsque les retraits des investisseurs sont devenus impossibles.

Le ministère camerounais des Finances a étudié le phénomène à travers une enquête portant sur 18 entreprises proposant des services liés aux cryptomonnaies et sur 1 872 agents économiques qui y effectuaient des placements. Liyeplimal figurait parmi les entreprises citées, aux côtés de Mida, Mekit Invest et Chymal, dans des mécanismes que l’administration camerounaise associait à des systèmes de Ponzi.

Ces précédents ivoirien et camerounais donnent un relief particulier à l’alerte lancée aujourd’hui par la BCRG, alors que des épargnants guinéens disent déjà avoir perdu l’accès à leurs fonds placés sur certaines plateformes.

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