Bénin : à Ouidah, la JISTNA 2026 veut renouer les liens avec les Afrodescendants

Le Bénin a commémoré dimanche 23 août 2026 à Ouidah la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, avec un accent particulier sur les liens à renouer avec les Afrodescendants. La cérémonie, organisée face à l’océan Atlantique, a réuni autorités béninoises, représentants d’Haïti, responsables traditionnels et membres de la diaspora.

Cette édition a été placée sous le thème « De la Porte du Non-Retour à la Porte du Retour ». Au-delà de l’hommage aux victimes de la traite, les échanges ont porté sur la transmission de cette histoire et sur les moyens de renforcer les relations entre l’Afrique, les Caraïbes et les communautés afrodescendantes.

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Ouidah revisite l’histoire de la traite

La rencontre s’est tenue sur la plage de Ouidah, dans un lieu directement associé à l’histoire de la déportation des Africains vers les Amériques. La conférence inaugurale a porté sur les rapports entre le passé du départ forcé et les perspectives actuelles de retour.

Selon le Dr Sylvestre Edjêkpoto, cité par La Nation, les sociétés ouest-africaines étaient déjà structurées par les échanges, les déplacements et les relations entre royaumes avant que la traite négrière ne bouleverse ces équilibres. La période de déportation a ensuite provoqué des ruptures sociales et territoriales durables.

Le maire de Ouidah, Christian Houetchénou, a appelé à préserver cette mémoire et à en faire un outil de transmission aux nouvelles générations. La présence haïtienne a aussi donné une dimension internationale à la commémoration.

D’Haïti au Bénin, une mémoire commune

La date du 23 août renvoie à l’insurrection déclenchée dans la nuit du 22 au 23 août 1791 à Saint-Domingue, aujourd’hui Haïti. Ce soulèvement d’esclaves a marqué le début de la révolution haïtienne, qui aboutira à l’indépendance du pays en 1804. (

Dominique Brutus, chargée d’affaires de l’ambassade d’Haïti à Cotonou, a défendu une approche fondée sur la reconstruction des liens entre les deux rives de l’Atlantique. « Le retour est culturel, spirituel, intellectuel, économique, diplomatique et surtout humain », a-t-elle déclaré. (

Cette orientation est portée depuis cette année par la Semaine internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (SISTNA), qui a relié plusieurs initiatives entre Allada et Ouidah. Le programme 2026 a ainsi prévu des activités mémorielles, scientifiques et culturelles du 14 au 23 août.

Trois Afrodescendants obtiennent la nationalité béninoise

La commémoration a aussi donné une traduction concrète à cette politique de reconnexion. Trois Afrodescendants ont reçu, le 23 août à Ouidah, leurs attestations de nationalité béninoise dans le cadre de la cérémonie officielle organisée par le ministère de la Justice et de la Législation.

Cette démarche intervient après l’adoption d’un dispositif permettant aux Afrodescendants pouvant établir leur ascendance africaine subsaharienne dans le cadre de la traite négrière d’accéder à la nationalité béninoise. Le gouvernement avait déjà présenté cette initiative en 2025 comme un moyen de renforcer les liens entre le Bénin et sa diaspora afrodescendante.

Le Bénin souhaite désormais élargir cette dynamique aux échanges culturels, universitaires, économiques et diplomatiques. Des projets de coopération entre collectivités béninoises et haïtiennes sont également envisagés autour de la mémoire, de la jeunesse et du développement.

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