Le Conseil économique et social (CES) a ouvert le 18 août 2026 à Cotonou sa première session extraordinaire sous la 8e mandature. Les conseillers disposent de trois jours pour examiner les règles qui doivent désormais encadrer le fonctionnement de l’institution après les réformes législatives intervenues en 2026.
Cette session constitue la première grande échéance de la nouvelle équipe installée le 22 juillet par le président Romuald Wadagni. Le bureau est dirigé par Abdoulaye Bio Tchané, désigné au niveau national comme représentant du chef de l’État.
Le règlement intérieur au centre des travaux
Le principal dossier soumis aux conseillers concerne le projet de règlement intérieur du CES. Le texte doit traduire dans les règles de fonctionnement interne les changements apportés à l’institution par les lois adoptées en 2024 et 2026.
La loi n°2026-04 du 16 mars 2026 a modifié la loi organique de 2024 relative au CES. Le nouveau cadre intervient après une réforme plus large destinée à redéfinir les missions et la composition de cette institution consultative.
Les membres du CES ont également reçu une présentation consacrée aux modifications législatives récentes. Cette étape devait permettre de clarifier les nouvelles responsabilités des conseillers avant l’examen du règlement intérieur.
Le futur texte devra aussi être conforme à la Constitution. Le contrôle de la Cour constitutionnelle porte obligatoirement sur le règlement intérieur du CES avant son entrée en application.
Un CES passé de 30 à 117 membres
La réforme a profondément modifié la composition de l’institution. La 8e mandature compte 117 membres, contre 30 auparavant. Parmi eux, 108 siègent dans les structures départementales, à raison de neuf représentants pour chacun des 12 départements, tandis que neuf membres composent le Conseil national.
Le Conseil national réunit des représentants de plusieurs composantes. L’Assemblée nationale y dispose de trois sièges, tandis que le patronat, la Chambre de commerce et d’industrie du Bénin, la Chambre nationale d’agriculture, la Chambre des métiers et le secteur des arts et de la culture sont également représentés.
Cette nouvelle architecture donne au CES une présence territoriale beaucoup plus importante. Elle intervient après une période transitoire consacrée à la mise en œuvre de la réforme. En mars 2026, l’ancien président du CES, Conrad Gbaguidi, avait remis au chef de l’État le rapport d’activités de cette phase de transition, après douze mois de fonctionnement sous le nouveau dispositif.
Un plan stratégique attendu après le règlement intérieur
Le chantier engagé ne devrait pas se limiter à l’adoption des nouvelles règles internes. La nouvelle direction prévoit également un plan stratégique de développement institutionnel destiné à orienter les prochaines années du CES.
L’objectif affiché est de renforcer les capacités de l’institution et son rôle auprès des pouvoirs publics. Le CES est chargé de donner des avis sur les projets de loi, d’ordonnance et de décret ainsi que sur certaines propositions de loi qui lui sont soumis. Cette première session extraordinaire intervient donc moins d’un mois après l’installation de la 8e mandature. Elle doit permettre de fixer les premières bases réglementaires de la nouvelle organisation avant le déploiement des autres chantiers annoncés.



