Bénin : Zagnanado donne jusqu’au 23 août aux éleveurs transhumants pour partir

Les éleveurs transhumants encore présents à Zagnanado devront quitter la commune au plus tard le dimanche 23 août 2026. Passé ce délai, les forces de sécurité pourraient procéder au refoulement des troupeaux qui ne disposent pas d’une autorisation conforme.

La décision a été prise par l’Exécutif communal après une réunion tenue le 13 août avec plusieurs acteurs concernés par la gestion de la transhumance. Selon Fraternité FM, les responsables communaux, les forces de sécurité, les représentants des éleveurs et des agriculteurs ainsi que des organisations de la société civile ont participé aux échanges.

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Une mission de veille avant la mise en demeure

La mairie a durci sa position après une mission de veille pastorale effectuée du 13 au 17 juillet 2026. Cette opération devait permettre aux autorités d’évaluer la situation des troupeaux présents sur le territoire communal et de préparer les mesures à prendre.

Le maire Damase Hintchémè Akpoyeté a ensuite adressé une mise en demeure aux éleveurs transhumants concernés. Selon les informations rapportées par Fraternité FM, la commune entend faire partir les troupeaux considérés comme installés de manière irrégulière.

La mesure vise aussi à préparer une nouvelle phase de régulation de la mobilité du bétail. La mairie affirme vouloir préserver la sécurité et les relations entre agriculteurs et éleveurs, tout en maintenant le dialogue avec les différentes parties.

Le cadre national privilégie l’encadrement

Cette décision locale intervient dans un cadre national qui a évolué depuis 2023. Le décret n°2024-954 du 8 mai 2024 a remplacé le dispositif précédent et réorganisé les modalités de veille pastorale. Selon le compte rendu du Conseil des ministres, le nouveau texte encadre la transhumance nationale, organise les espaces pastoraux et prévoit des comités de concertation associant plusieurs catégories d’acteurs.

Le gouvernement avait adopté cette nouvelle réglementation après avoir constaté des divergences dans l’interprétation des règles applicables à la mobilité du bétail. L’objectif affiché était de réduire les tensions entre agriculteurs et éleveurs et d’accompagner la sédentarisation des troupeaux.

Le Code pastoral prévoit également un encadrement administratif de la transhumance. Le certificat national de transhumance constitue ainsi un document obligatoire pour les éleveurs béninois qui déplacent leurs troupeaux dans le cadre de la transhumance sur le territoire national.

Dans le département du Zou, la question reste sensible. En juin 2024, une délégation gouvernementale s’était rendue à Covè après des tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs liées à la circulation des troupeaux. Les autorités avaient alors appelé les acteurs à respecter les textes et privilégié la concertation pour prévenir les conflits. À Zagnanado, le délai fixé par la mairie expire donc le 23 août. Les éleveurs encore concernés devront avoir quitté la commune avant cette échéance pour éviter une intervention des forces de sécurité.

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