Ceuta : le Maroc pose ses conditions avant de reprendre les corps des migrants

Rabat n’acceptera de rapatrier les dépouilles de ses ressortissants morts à Ceuta qu’une fois leur identité formellement établie. Le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi a posé cette exigence sur Al Arabiya, réclamant au préalable les dossiers médicaux détenus par les autorités espagnoles.

Des inhumations sans nom

Le cimetière de Sidi Embarek, à Ceuta, a commencé à recevoir les premières dépouilles cette semaine : 18 corps sur les 140 recensés côté espagnol y ont été enterrés, sous des tombes marquées d’un simple numéro faute d’identification. Selon Ouahbi, les autorités marocaines n’auraient toujours reçu aucun décompte précis du nombre de victimes marocaines ni de leurs identités. Le ministre a par ailleurs demandé un traitement conjoint de ce dossier avec celui des mineurs marocains toujours présents en territoire espagnol.

Un bilan qui reste flou

Les autorités espagnoles font état d’au moins 91 morts au total, répartis entre les deux côtés de la frontière. Sur les 140 corps recensés à Ceuta, sept auraient à ce stade été formellement identifiés et seraient en attente de rapatriement vers le Maroc. L’Association marocaine des droits humains de Nador a demandé la suspension des inhumations, estimant le processus d’identification trop précipité au regard du nombre de victimes encore anonymes.

Cette crise, déclenchée fin juillet par l’arrivée de plus de 70 000 personnes en 48 heures, constitue le bilan humain le plus lourd jamais enregistré à cette frontière depuis l’ouverture de l’enclave aux flux migratoires massifs.

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