Une plateforme flottante expérimentale destinée à protéger les ports et les bases navales russes contre les drones a été présentée le 24 juillet à Vyborg, dans la région de Leningrad. Baptisée PLOT-40 ou PLOT-47 selon les sources russes, elle doit permettre de renforcer la défense des installations menacées par les attaques venues du ciel et de la mer.
Le prototype a été développé localement après l’analyse des attaques menées contre des infrastructures russes. Il dispose d’une structure flottante équipée d’un poste d’armement télécommandé destiné à engager des cibles aériennes ou de surface. Selon l’analyse spécialisée de H. I. Sutton, la plateforme doit servir de point de défense pour les bases navales, les ports et les installations énergétiques.
Une plateforme conçue pour les menaces aériennes et maritimes
Le projet vise deux catégories de menaces. La première concerne les drones aériens, utilisés par l’Ukraine pour frapper des infrastructures situées loin du front. La seconde porte sur les embarcations sans équipage susceptibles d’attaquer des bâtiments militaires ou des installations portuaires.
Le gouverneur de la région de Leningrad, Alexandre Drozdenko, a indiqué que le développement de la plateforme répondait à la nécessité de renforcer les défenses depuis l’eau. Selon lui, le prototype aurait reçu une première validation d’un institut de recherche spécialisé de la marine russe avant sa présentation à Vyborg.
La plateforme n’est toutefois pas présentée comme un système opérationnel déployé à grande échelle. Il s’agit encore d’un prototype expérimental, dont l’efficacité et les modalités d’utilisation restent à évaluer.
Le port de Novorossiïsk sous pression
Le développement de ce type de dispositif intervient alors que les ports russes de la mer Noire sont régulièrement exposés aux attaques ukrainiennes. Le 12 août, Novorossiïsk a subi une importante attaque combinant drones et missiles antinavires. Des navires militaires et des infrastructures portuaires ont été touchés, tandis que deux terminaux céréaliers ont interrompu leurs activités. Reuters rapporte que l’attaque a également provoqué des dégâts dans la ville et fait au moins deux morts.
Les attaques ukrainiennes contre les installations navales russes ont déjà poussé Moscou à multiplier les moyens de protection autour de ses ports. Des systèmes de barrières flottantes et d’autres dispositifs anti-drones ont également été observés dans la région de la mer Noire, selon une analyse publiée par le Financial Times.
Une réponse encore expérimentale
La PLOT-40 illustre une évolution des défenses portuaires russes face à l’utilisation croissante des drones dans le conflit. La plateforme a été conçue et produite dans la région de Leningrad, avec l’objectif affiché de protéger des infrastructures militaires et énergétiques.
Cette évolution intervient après plusieurs années de transformation de la guerre navale en mer Noire. Les drones maritimes ukrainiens ont progressivement contraint la flotte russe à adapter ses positions et ses dispositifs de protection, tandis que les frappes à longue distance ont élargi la zone exposée aux attaques. La PLOT-40 constitue donc, à ce stade, une nouvelle expérimentation russe plutôt qu’une solution déjà éprouvée sur le terrain.



