Mohamed El Khalfioui, 77 ans, est mort le 8 août 2026 à Marseille, plusieurs semaines après avoir été exposé aux poussières provoquées par l’effondrement d’un immeuble dans le quartier de Noailles. Le septuagénaire se trouvait dans un café voisin lorsque l’intérieur du bâtiment s’est écroulé le 18 juin.
Selon France 3, son décès est survenu à la suite d’une pneumopathie. Sa famille cherche désormais à savoir si la dégradation de son état de santé pourrait avoir un rapport avec son exposition aux poussières. Aucun élément médical rendu public ne permet, à ce stade, d’établir un lien de causalité entre l’effondrement et sa mort.
Une exposition à proximité immédiate de l’immeuble
L’accident s’est produit vers 21 heures au 3 rue Halle-Delacroix. L’immeuble de cinq étages était vide au moment des faits et faisait l’objet de travaux. Selon la mairie des 1er et 7e arrondissements de Marseille, l’opération était pilotée par la SPLA-IN AMP et devait permettre la création de logements sociaux.
Mohamed El Khalfioui était installé dans un café situé en face du bâtiment. L’effondrement des structures intérieures a dispersé une importante quantité de poussière dans les rues alentour. Le récit de ses proches permet de mesurer son niveau d’exposition. Sa famille a expliqué à France 3 qu’après l’accident, « il crachait de la poussière ». L’homme a ensuite été hospitalisé.
Les secours avaient déployé d’importants moyens dans le secteur. Selon TF1 Info, environ 70 marins-pompiers et 21 véhicules avaient été mobilisés. Des immeubles voisins avaient aussi été évacués par précaution. Près de sept semaines séparent l’accident du décès de Mohamed El Khalfioui. Sa fille cherche aujourd’hui à obtenir des précisions sur les causes de la pneumopathie et sur les éventuelles conséquences de l’exposition du 18 juin.
Des opérations de sécurisation après l’effondrement
Les interventions sur le bâtiment se sont poursuivies après l’accident. Dès le 19 juin, un dispositif électronique a été installé afin de contrôler sa stabilité, selon les autorités municipales. Les parties considérées comme dangereuses ont ensuite été retirées. Des renforts métalliques ont également été posés pour sécuriser la façade. Certains habitants évacués ont été autorisés à retourner chez eux au début du mois de juillet.
La situation a toutefois nécessité d’autres mesures dans les environs. Le 2 juillet, les occupants des 21, 23 et 25 rue d’Aubagne ont été évacués après la détection d’éléments présentant un risque de chute, selon Marsactu.
Huit personnes étaient mortes rue d’Aubagne en 2018
Le quartier de Noailles avait déjà été frappé par un effondrement mortel. Le 5 novembre 2018, deux immeubles des 63 et 65 rue d’Aubagne s’étaient écroulés, causant la mort de huit personnes.
Les conséquences de ce drame avaient entraîné de nombreuses évacuations dans la ville. En février 2020, des données officielles reprises dans une étude universitaire faisaient état de 497 immeubles évacués, concernant au moins 1 200 ménages et environ 3 000 personnes.
Dans le cas de Mohamed El Khalfioui, plusieurs faits sont établis : sa présence près du bâtiment le 18 juin, son exposition au nuage de poussière, son hospitalisation puis son décès d’une pneumopathie le 8 août. La question d’un éventuel lien médical entre cette exposition et sa mort reste, elle, à déterminer.



