Les USA veulent dépasser les 1000 lancements et retours atmosphériques chaque année à partir de 2030. Le président américain Donald Trump a fixé cet objectif dans un mémorandum présidentiel diffusé jeudi par la Maison Blanche, alors que Washington et Pékin accélèrent leurs programmes spatiaux.
Le document prévoit l’identification, dans un délai de six mois, de nouveaux sites susceptibles d’accueillir des activités de transport spatial. Les ministères américains des Transports et de la Défense, ainsi que la Nasa, doivent participer à cette recherche. Le mémorandum prévoit aussi une plus grande implication des entreprises privées dans le développement des infrastructures.
Les États-Unis veulent multiplier leur capacité de lancement
L’objectif annoncé représente un changement d’échelle considérable. Selon les données citées dans le mémorandum, les États-Unis ont réalisé moins de 200 lancements orbitaux en 2025. La majorité avait été assurée par SpaceX, l’entreprise fondée par Elon Musk. Passer à plus de 1000 opérations annuelles supposerait donc de multiplier plusieurs fois le rythme actuel. Le texte prévoit pour cela de réduire certaines contraintes réglementaires et environnementales qui pèsent sur les activités spatiales commerciales.
« D’ici 2030, nos zones de transport spatial doivent croître afin de permettre plus de 1 000 lancements et retours dans l’atmosphère chaque année », écrit Donald Trump dans le mémorandum. La stratégie ne concerne pas uniquement l’orbite terrestre. La Maison Blanche indique que la Nasa devra aussi faciliter le transport commercial vers et depuis la Lune, développer l’accès robotique privé à Mars et étudier des solutions commerciales pour les futures missions humaines vers la planète rouge.
La Chine accélère aussi ses ambitions spatiales
Cette annonce intervient dans une période de forte compétition entre les principales puissances spatiales. La Chine cherche à réduire son retard sur les États-Unis dans les vols habités, les lanceurs réutilisables et les constellations de satellites.
Pékin vise une première mission habitée vers la Lune avant 2030. Le pays développe aussi ses propres méga-constellations destinées à fournir des services de communication depuis l’orbite basse. Ces projets pourraient concurrencer Starlink sur le marché mondial. La Chine a également progressé dans la récupération de lanceurs. En août 2026, LandSpace a réussi à faire atterrir le premier étage de sa fusée Zhuque-3 après une mission orbitale, une étape importante pour l’industrie spatiale privée chinoise.
Une compétition qui dépasse les missions lunaires
La rivalité concerne aussi les capacités satellitaires et militaires. Les satellites jouent désormais un rôle dans les communications, la navigation, l’observation de la Terre et les opérations de défense. Les USA disposent d’un avantage important grâce à leur industrie privée et à la cadence de SpaceX. Washington cherche désormais à accroître encore cette capacité en développant de nouveaux sites et en simplifiant les procédures.
La Russie conserve des compétences historiques dans les vols habités, tandis que l’Inde développe son propre programme spatial habité et renforce ses capacités de lancement. L’Europe, le Japon et d’autres puissances cherchent également à préserver leur autonomie dans l’accès à l’espace. Avec son objectif de plus de 1 000 lancements et retours par an à l’horizon 2030, l’administration Trump entend donc renforcer la position américaine dans cette compétition, alors que les ambitions lunaires et les capacités commerciales de la Chine progressent rapidement.



