Le Ghana et la Russie ont signé un accord sur l’exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service, à l’issue de discussions tenues à Moscou. Le texte doit faciliter les déplacements officiels entre les deux pays et renforcer les contacts entre leurs administrations.
L’accord a été annoncé lors de la rencontre entre le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, et son homologue russe, Sergueï Lavrov. Selon les propos rapportés par l’agence de presse russe, le chef de la diplomatie russe a présenté le texte comme un instrument destiné à faciliter les déplacements des responsables munis de documents officiels.
Un accord limité aux passeports officiels
La mesure ne concerne pas les voyageurs ordinaires. Elle vise les détenteurs de passeports diplomatiques et de service des deux pays. Ces catégories pourront ainsi voyager sans visa dans le cadre prévu par l’accord.
Pour Samuel Okudzeto Ablakwa, cette décision constitue une étape importante qui contribuera à développer les relations et la coopération entre Accra et Moscou. Le ministre ghanéen a également associé cet accord au développement des échanges entre les gouvernements, les ministères des Affaires étrangères et les responsables économiques.
Les discussions ont porté sur plusieurs secteurs. Le commerce, les investissements, l’éducation et les échanges humanitaires figurent parmi les domaines évoqués par les deux délégations. Le Ghana cherche également à obtenir un soutien russe à sa campagne en faveur des réparations liées aux conséquences historiques de la traite et de l’esclavage.
Des relations diplomatiques établies depuis 1958
Le nouvel accord intervient dans le cadre de relations anciennes entre les deux États. Le Ghana et l’Union soviétique ont établi leurs relations diplomatiques le 14 janvier 1958, quelques mois après l’indépendance ghanéenne. La Russie a ensuite repris les engagements de l’Union soviétique après sa disparition en 1991.
La coopération avait déjà pris une dimension économique et technique sous la présidence de Kwame Nkrumah. Un accord conclu en 1960 prévoyait une assistance soviétique au Ghana dans plusieurs domaines, dont la prospection minière, l’industrie, l’agriculture et la production hydroélectrique.
Cette histoire continue de nourrir les relations actuelles. Selon l’ambassadeur russe au Ghana, Andrei Ordash, les échanges commerciaux entre les deux pays sont passés de 247 millions de dollars en 2022 à plus de 800 millions en 2024. Moscou souhaite aujourd’hui accroître sa coopération avec Accra dans le commerce, l’énergie, l’agriculture, la technologie et l’éducation. L’éducation constitue également un lien ancien. Des milliers de Ghanéens ont étudié en Union soviétique puis en Russie, formant selon l’ambassadeur russe un réseau humain qui continue de rapprocher les deux pays. L’exemption de visa annoncée à Moscou s’ajoute donc à une relation construite depuis près de sept décennies et appelée, selon les autorités des deux pays, à s’étendre à de nouveaux secteurs.



