Les 54 voix de la Confédération africaine de football pourraient décider du sort de Gianni Infantino à la tête de la FIFA. Le président sortant, en délicatesse avec plusieurs fédérations européennes, s’appuie sur ce bloc pour préparer sa réélection prévue le 18 mars 2027 à Rabat.
Un projet abandonné qui a fracturé la FIFA
Le litige remonte à un plan de cession d’environ 20 % d’une nouvelle filiale commerciale de la FIFA, valorisée près de 20 milliards de dollars, à des investisseurs privés proches de Donald Trump. L’UEFA a dénoncé un montage préparé selon elle sans concertation suffisante, avant d’annoncer un boycott des compétitions organisées par l’instance mondiale. La CONCACAF et la confédération asiatique ont suivi, poussant Infantino à retirer son projet la semaine dernière.
À l’intérieur de la FIFA, la crise a fait des dégâts. Le conseiller Carlos Cordeiro a démissionné en signe de protestation, et le directeur des opérations Kevin Lamour a critiqué publiquement la gestion du dossier par son président, évoquant un sentiment d’avoir été trompé. Le secrétaire général Mattias Grafström a lui aussi adressé une note interne au personnel, sans citer nommément Infantino, regrettant une « série d’événements regrettables ».
La CAF, seul soutien continental resté silencieux
Face à cette contestation qui a traversé l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie, aucune fédération africaine ne s’est jointe au mouvement. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a préféré qualifier la fronde européenne de simple « révision » plutôt que de rejet, tout en saluant le bilan d’Infantino sur le continent. D’après le média Rio Times, la FIFA aurait investi plus d’un milliard de dollars dans le football africain depuis 2016 via le programme Forward, une manne financière dont les 54 associations du continent seraient les principales bénéficiaires.
Ce soutien n’est pas nouveau. Dès 2018, la CAF avait publiquement affiché son appui à Infantino en vue de sa réélection de 2019, une élection qu’il avait finalement remportée sans opposition, tout comme celle de 2023 à Kigali. La CONMEBOL sud-américaine, dirigée par Alejandro Dominguez, a elle aussi renouvelé son soutien au dirigeant italo-suisse ces derniers mois.
Un scrutin qui s’annonce moins couru d’avance
Infantino, 56 ans, brigue un quatrième mandat qui prolongerait son règne jusqu’en 2031, la limite fixée par les statuts de la FIFA. Une élection qui semblait acquise il y a encore deux mois s’annonce désormais plus disputée : plusieurs fédérations européennes, dont l’Angleterre, la Suède et la Finlande, ont retiré leur soutien après le pays de Galles. Le président de la Liga espagnole, Javier Tebas, est allé plus loin en réclamant sa démission.
La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre, quatre mois avant le vote. Aucun challenger déclaré ne s’est encore manifesté, mais la perte de confiance affichée par l’UEFA a ouvert la voie à des spéculations sur une possible candidature dissidente, notamment européenne.


