Des sites de production de drones situés au Royaume-Uni pourraient devenir la cible d’une opération russe non revendiquée. C’est ce qu’a révélé The Telegraph ce mardi 25 août, citant des propos tenus par un proche conseiller de Vladimir Poutine.
Andreï Fedorov, conseiller influent du président russe, a indiqué que Moscou n’excluait pas « à 100 % » le recours à une action « semi-militaire » contre les fabricants britanniques fournissant drones et composants de missiles à Kiev. Selon ses déclarations rapportées par le quotidien britannique, cette hypothèse viserait directement les usines produisant du matériel destiné à l’armée ukrainienne, sans revendication officielle de l’État russe : « Ils pourraient être attaqués, non pas par la Russie, mais par des sources inconnues », aurait-il précisé.
Une escalade qui prolonge le contentieux sur les drones britanniques
Cette menace intervient après une semaine de tension entre Londres et Moscou. Le 17 août, l’ambassade de Russie au Royaume-Uni avait déjà accusé le gouvernement britannique de complicité dans des frappes ukrainiennes menées en profondeur sur le territoire russe, après la révélation par le Sunday Times que des drones fabriqués par deux entreprises britanniques — dont une filiale de BAE Systems — avaient servi à ces opérations. Moscou avait alors promis des « conséquences », jugeant que l’implication du Royaume-Uni dans le conflit s’aggravait de semaine en semaine.
Les plans du Storm Shadow au cœur du nouveau différend
Le déclencheur immédiat de cette nouvelle menace serait la décision du Premier ministre britannique Andy Burnham de transmettre à l’Ukraine les plans de fabrication du missile Storm Shadow, selon des informations du Telegraph publiées le 24 août. Moscou a qualifié ce geste d’« implication militaire directe » dépassant, selon ses termes, les frontières du conflit ukrainien. Le Kremlin a par ailleurs reproché à Burnham de « jeter de l’huile sur le feu » en partageant ces plans avec Kiev — accusation à laquelle le chef du gouvernement britannique avait répondu en retournant la question de la responsabilité de l’escalade.
Des sources du renseignement évoquent déjà des sabotages
Des sources occidentales du renseignement, citées par le même journal, affirment que la Russie aurait déjà engagé une campagne d’attaques clandestines visant des usines d’armement en Europe. Aucun site ni aucune date précise n’ont toutefois été communiqués à ce stade. Plusieurs services de renseignement occidentaux avaient déjà attribué au renseignement militaire russe (GRU) une série d’incendies suspects survenus en 2024 dans des entrepôts logistiques européens, dont un acheminant du matériel vers l’Ukraine en Allemagne, sans qu’aucune revendication officielle n’ait jamais été formulée par Moscou.
Le Royaume-Uni figure parmi les principaux soutiens militaires de Kiev depuis 2022, avec environ 25 milliards de livres sterling mobilisés, dont 16 milliards dédiés à l’aide militaire. Ni le ministère britannique de la Défense ni le Kremlin n’ont pour l’heure confirmé officiellement l’existence d’un plan d’attaque contre des sites industriels britanniques.



