Le gouvernement russe prépare la reconstruction d’entrepôts commerciaux endommagés, a annoncé Vladimir Poutine le 19 août 2026. Le président russe a reconnu, à cette occasion, que les frappes ukrainiennes infligeaient des pertes économiques réelles à son pays.
« De telles attaques n’ont pas eu et ne peuvent pas avoir de conséquences graves. Cependant, elles ont causé des dégâts, ce qui est évident et nous comprenons et reconnaissons pleinement cette réalité », aurait déclaré le chef du Kremlin, selon des propos rapportés le même jour.
Cette déclaration survient alors que Kiev a élargi depuis juillet le champ de ses frappes à longue portée, s’attaquant désormais aux centres logistiques de Wildberries, plateforme russe de vente en ligne. Deux sites majeurs du groupe, situés à Krasnodar et à Nevinnomyssk, ont subi des dommages matériels entraînant l’arrêt de leur activité et la destruction de stocks. Le coût de ces attaques répétées pourrait s’élever à plusieurs centaines de milliards de roubles, selon des estimations d’analystes économiques.
Une économie déjà fragilisée
L’aveu présidentiel fait suite à une série de difficultés reconnues par Moscou. En juin, Poutine avait déjà admis un déficit de carburant, provoqué par les frappes visant les raffineries russes, dont celle de Moscou, endommagée le 18 juin avec un bilan de 17 blessés. Plusieurs régions ont instauré des restrictions sur la vente d’essence aux particuliers, et la Crimée annexée a été déclarée en situation d’urgence.
Les prévisions de croissance du produit intérieur brut russe pour 2026 ont été revues à la baisse à plusieurs reprises, certaines estimations la limitant désormais à 0,4 %, contre plus de 4 % en 2024. L’Union européenne prépare de son côté un nouveau train de sanctions, présenté comme le plus sévère jamais adopté contre Moscou, d’après la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.
Le poids budgétaire de la guerre
L’effort de guerre continue d’absorber une large part des finances publiques. Les dépenses de défense russes atteindraient environ 8 % du produit intérieur brut selon plusieurs analyses économiques, contre près de 2 % en moyenne dans l’Union européenne. Un rapport du renseignement allemand, publié en février 2026, a évalué le budget militaire réel du pays à environ 250 milliards d’euros pour l’année 2025, un montant supérieur aux chiffres communiqués officiellement par le Kremlin.
Poutine a néanmoins affirmé que ces difficultés ne remettaient pas en cause la stabilité du pays. Le 19 août, deux jours après un échange de 103 prisonniers de guerre entre les deux camps, le président russe a assuré que les obligations sociales de l’État seraient maintenues, tout en promettant d’accélérer les réparations sur les sites touchés.
L’économie russe avait initialement échappé à l’effondrement anticipé après le déclenchement de l’invasion en février 2022, portée par une hausse marquée des dépenses militaires et le maintien de ses exportations d’hydrocarbures vers des partenaires comme la Chine ou l’Inde.



