Le Niger accélère son projet d’usine d’assemblage d'ordinateurs et de mobiles

Le chantier de l’usine d’assemblage d’équipements numériques du Niger a atteint 63 % d’avancement à Hamdallaye, dans la région de Tillabéri. Les autorités visent désormais une mise en service d’ici fin octobre 2026 pour cette unité destinée à assembler des smartphones, des tablettes et des ordinateurs.


Le projet doit répondre à un enjeu majeur : faciliter l’accès aux équipements connectés alors que leur coût reste élevé pour une grande partie de la population africaine. Pour les autorités nigériennes, développer une capacité industrielle locale pourrait aussi contribuer à renforcer les compétences et les activités liées aux technologies.

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Une capacité locale pour réduire les coûts

L’usine est portée par DHY Technologie SA. L’investissement annoncé s’élève à environ 2,94 milliards de francs CFA et devrait permettre la création de 275 emplois permanents. Le projet intervient dans un contexte où le prix des équipements compatibles avec Internet continue de limiter l’adoption des services numériques en Afrique. L’assemblage sur place pourrait contribuer à réduire certains coûts liés à l’importation et à la distribution. Cet effet dépendra toutefois du niveau d’intégration locale, du coût des composants importés et des volumes de production.

Le numérique comme levier économique

L’intérêt du projet ne se limite pas aux appareils qui sortiront de l’usine. Pour le Niger, développer un secteur technologique capable de produire et d’innover peut favoriser l’apparition de nouvelles activités. La fabrication et la maintenance des équipements nécessitent des techniciens. Le développement de services numériques crée aussi des besoins en informatique, en cybersécurité, en développement logiciel, en formation et en gestion des données.

Un écosystème local pourrait ainsi offrir davantage de débouchés aux jeunes formés aux métiers du numérique. Le pays dispose déjà de plusieurs infrastructures et programmes destinés à renforcer la connectivité. Le programme Smart Villages, soutenu par la Banque mondiale, avait permis d’améliorer l’accès au haut débit pour 7,3 millions de personnes dans plus de 2 000 villages à la mi-2024. Cette progression de la connectivité crée un marché potentiel pour les équipements et les services numériques.

Vers une industrie technologique plus large

L’usine de Hamdallaye pourrait constituer une première étape vers une industrie technologique plus développée. L’objectif ne serait alors plus seulement d’assembler des appareils importés, mais de faire émerger progressivement des compétences et des entreprises capables de développer des solutions adaptées aux besoins du pays. Le Niger pourrait ainsi renforcer ses capacités dans des domaines comme les services financiers numériques, l’agriculture connectée, l’éducation en ligne, la santé numérique ou encore les services administratifs.

L’assemblage ne permet toutefois pas de maîtriser toute la chaîne de production. Les composants électroniques et certaines technologies resteraient importés. Mais cette première expérience industrielle pourrait faciliter la formation de techniciens et créer des activités autour de la production, de la maintenance et de la distribution. Avec une progression des travaux annoncée à 63 %, la prochaine échéance sera désormais la mise en service prévue avant la fin octobre.

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