Niger : l'Algérie déploie quatre chasseurs SU-30 au lendemain de la tentative de mutinerie

Quatre chasseurs Sukhoï Su-30 de l’armée algérienne ont atterri ce dimanche 30 août 2026 à l’aéroport de Niamey. L’appareil ravitailleur qui accompagnait les deux patrouilles a également touché le sol nigérien dans la matinée, au lendemain d’une tentative de mutinerie ayant secoué la capitale.

Un déploiement décidé au sommet de l’État algérien

Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN) publié ce 30 août, l’envoi de ces avions de chasse a été ordonné par le général d’armée Saïd Chanegriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune. Le texte précise que cette opération répond à une demande formulée par les autorités nigériennes, « en réponse à la demande des autorités nigériennes » face à la « tentative de déstabilisation du pays ». Le MDN présente cet envoi comme la traduction concrète du renforcement des liens de coopération militaire entre Alger et Niamey.

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À l’accueil de la délégation figurait le Premier ministre nigérien Mahamane Lamine Zeine, qui a adressé ses remerciements au chef de l’État algérien et au peuple algérien pour ce soutien. Cette coopération militaire traduit un réchauffement diplomatique amorcé en février 2026, après une brouille née en avril 2025 lorsque l’Algérie avait abattu un drone malien. Les ambassadeurs des deux pays avaient alors repris leurs postes, tandis que Tebboune et le général Tiani décidaient de réactiver plusieurs mécanismes de coopération bilatérale, dont le contrôle frontalier commun. Le geste de ce dimanche fait suite à un premier don, effectué le 9 août 2026, de quatre hélicoptères — deux Mi-171 et deux Mi-24 — remis par Alger aux forces armées nigériennes.

Retour sur la nuit du 28 au 29 août à Niamey

Ce déploiement intervient quarante-huit heures après une mutinerie déclenchée dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août dans la capitale nigérienne. Un groupe de militaires avait séquestré des camarades à l’intérieur de la base 101, avant d’ouvrir le feu vers plusieurs points sensibles de la ville, dont les abords de l’aéroport international Diori Hamani et du palais présidentiel.

Les combats, marqués par des tirs d’armes lourdes et des explosions, se sont prolongés jusqu’au samedi soir. Une partie des mutins a fini par déposer les armes après des pourparlers, tandis que d’autres ont été neutralisés lors d’un assaut mené par les forces loyalistes. Le ministère nigérien de la Défense, par la voix du général Salifou Moody, avait alors annoncé avoir « contenu une mutinerie limitée » et repris le contrôle des sites stratégiques visés. L’Alliance des États du Sahel avait de son côté condamné l’épisode et salué la loyauté des forces de sécurité nigériennes.

Une coopération militaire déjà ancienne

L’arrivée des chasseurs algériens s’ajoute à ce climat de tension régionale. Elle marque un geste de soutien direct au pouvoir en place au Niger, dirigé par le général Abdourahamane Tiani. À titre de comparaison, l’armée de l’air algérienne dispose aujourd’hui de l’une des flottes de Su-30 les plus importantes du continent africain, avec plus de 70 appareils de ce type acquis auprès de la Russie depuis 2007 — un parc qui en fait la première force aérienne d’Afrique selon plusieurs classements spécialisés, loin devant les moyens aériens dont dispose actuellement le Niger. Aucun calendrier précis n’a été communiqué par Alger quant à la durée de cette mission de soutien à Niamey.

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