La Russie a intensifié ses frappes de missiles contre les grandes villes ukrainiennes ces dernières semaines. Cette montée en puissance coïncide avec la campagne des élections législatives russes, prévues les 18, 19 et 20 septembre — un scrutin inédit depuis le déclenchement de la guerre en février 2022.
Un besoin d’affirmer le contrôle selon Kiev
Oleksandr Merejko, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement ukrainien, estime que le président russe a besoin d’une escalade pour réaffirmer son autorité avant le vote. Ce constat s’appuie sur la situation du front : la progression militaire reste globalement figée à l’est de l’Ukraine, tandis que Kiev multiplie les frappes contre les raffineries et sites commerciaux russes, forçant Moscou à réagir sur plusieurs fronts à la fois.
Le renseignement ukrainien pointe trois signaux concordants. Moscou a accéléré la production de ses armes à longue portée les plus performantes, celles ayant le plus fort impact sur les infrastructures ukrainiennes. La Russie chercherait par ailleurs à recruter des dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Corée du Nord, un renfort déjà mobilisé depuis la bataille de Koursk. Selon des données relayées par Euronews, l’espérance de vie moyenne d’une nouvelle recrue russe sur le front ne dépasserait pas 20 à 35 minutes.
Des recrutements sans mobilisation officielle
Sur le plan intérieur, plusieurs éléments témoignent d’une pression accrue sur les autorités régionales pour fournir de nouveaux contingents, sans recours officiel à une mobilisation générale. Un décret signé fin juillet par Vladimir Poutine a élargi les effectifs théoriques des forces armées via les unités de construction militaire. Sur la plateforme d’emploi russe HeadHunter, plus de 2 500 annonces liées à la conscription ont été publiées en un mois, un volume jugé inhabituel par plusieurs observateurs. Le nombre de régions russes versant des primes aux recruteurs de soldats sous contrat aurait quant à lui atteint 56 cette année, contre un total nettement inférieur l’an dernier.
Le renseignement ukrainien juge toutefois qu’aucune préparation à une mobilisation massive de réservistes n’est pour l’instant observable, les achats de médicaments et d’équipements militaires restant stables par rapport à l’année précédente. Kiev estime que le Kremlin ne prendra probablement pas le risque d’annoncer une nouvelle vague de mobilisation avant la tenue des élections.
Un conflit sans bilan humain vérifiable
Entré dans sa cinquième année, le conflit n’a fait l’objet d’aucun bilan humain officiel confirmé par Moscou ou par Kiev. Les deux camps communiquent occasionnellement des estimations de pertes adverses, largement invérifiables de façon indépendante. Cette absence de transparence, commune aux deux belligérants, complique toute évaluation objective du rapport de forces militaire actuel.
Sur le terrain, la progression territoriale russe a nettement ralenti depuis le début de l’année 2026, selon plusieurs organismes de suivi indépendants. Ce ralentissement, conjugué à l’échéance électorale, alimente l’analyse ukrainienne selon laquelle Moscou chercherait à démontrer une capacité offensive intacte avant le scrutin, plutôt qu’à s’engager vers une désescalade du conflit.



