Russie : Medvedev menace le Japon concernant les îles Kouriles

Dmitri Medvedev a averti Tokyo de « conséquences monstrueuses » après la protestation japonaise contre la visite de Vladimir Poutine sur l’île Kourile d’Iturup. L’ex-président russe, aujourd’hui vice-président du Conseil de sécurité, s’est exprimé sur le réseau X ce jeudi 13 août, quelques heures seulement après le déplacement présidentiel dans l’archipel disputé.

Une riposte cinglante sur X

Le message de Medvedev vise directement la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. « Ce bavardage ne changera rien », a-t-il écrit, balayant les arguments historiques avancés par Tokyo sur l’appartenance des îles. Il a martelé que ces terres « étaient, sont et resteront russes », avant d’avertir que quiconque refuserait cette réalité s’exposerait à des représailles sévères.

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Cette sortie fait suite à la protestation officielle transmise par le ministère japonais des Affaires étrangères, qui qualifie l’archipel de « territoire ancestral » du Japon, tant sur le plan historique que juridique. Le ministre Toshimitsu Motegi a également convoqué l’ambassadeur russe à Tokyo pour lui signifier son mécontentement.

Un contentieux vieux de huit décennies

Le différend territorial trouve son origine à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’Armée rouge s’empare de l’archipel en 1945. Depuis, quatre îles méridionales — Iturup, Kounachir, Chikotan et les îlots Habomaï — restent au cœur du désaccord ; Tokyo les baptise « Territoires du Nord » et refuse de reconnaître leur rattachement à la Russie. Moscou, de son côté, considère leur possession comme un acquis intangible de la victoire contre le Japon impérial et n’a jamais envisagé de rétrocession complète, malgré une déclaration conjointe de 1956 promettant la restitution de deux îles en échange d’un traité de paix — texte resté lettre morte. En 2022, dans le sillage de la guerre en Ukraine, le gouvernement japonais avait durci sa position en qualifiant pour la première fois depuis 2003 l’occupation russe d’« illégale ». C’est dans cette situation déjà tendue qu’intervient le déplacement de Poutine, une étape supplémentaire qui relance frontalement ce vieux contentieux territorial.

Le déroulé de la visite présidentielle

Selon l’agence TASS, le chef du Kremlin s’est rendu jeudi sur l’île d’Iturup, la plus grande de l’archipel, après une étape mercredi à Ioujno-Sakhalinsk où il avait visité un hôpital. Sur place, il a inspecté le navire amiral de la flotte russe du Pacifique, présidé une réunion consacrée à la sécurité des frontières orientales et visité une usine de transformation de poisson, où on lui a proposé du caviar, ainsi qu’une école locale. Il s’agit du tout premier déplacement personnel d’un président russe sur ce territoire contesté.

En réaction, Takaichi a dénoncé une démarche « absolument inacceptable », jugeant qu’elle heurtait les sentiments du peuple japonais. Selon le ministère japonais des Affaires étrangères, environ 20 000 citoyens russes résident aujourd’hui sur les îles disputées, un chiffre qui montre l’ancrage démographique consolidé par Moscou depuis 1945. Cette passe d’armes verbale montre la fermeté inflexible de Moscou sur ce dossier, laissant présager des relations russo-japonaises durablement tendues.

Laisser un commentaire