Soupçons de corruption autour du CEP au Bénin: Quid de l’organisation des autres examens ?

La fin de semaine dernière a été secouée par une onde de choc dans le monde éducatif béninois. La révélation d’un réseau de corruption présumé au cœur de l’organisation du Certificat d’Études Primaires (CEP) a conduit à la garde à vue d’un cadre de la direction des examens et concours et à la convocation de plusieurs autres acteurs. Si cette intervention salutaire des autorités judiciaires témoigne de la volonté d’assainir le secteur éducatif, elle doit aussi ouvrir la voie à un examen attentif des mécanismes d’organisation des autres examens, afin de prévenir toute pratique susceptible de compromettre leur transparence et leur équité.

L’affaire du CEP doit surtout amener à regarder de plus près l’organisation des autres examens. Dans l’enseignement secondaire comme au supérieur, les enjeux sont encore plus élevés. La pression sociale et financière peut toutefois créer des situations de vulnérabilité et ouvrir la voie à des pratiques contraires à l’éthique et à l’équité.

Il devient impératif pour la justice et la police de porter un regard tout aussi scrutateur sur l’ensemble de la chaîne d’organisation des examens nationaux. Inspecter la gestion du BEPC, du Baccalauréat et des filières universitaires permettrait de vérifier la solidité des procédures, d’identifier d’éventuelles failles et de renforcer les mécanismes de contrôle, afin de préserver l’intégrité des examens et de garantir que le mérite reste le principal critère de réussite.

L’objectif n’est pas de jeter le dromadaire avec la charge ni de discréditer le corps Enseignant ou les cadres dans leur ensemble, majoritairement dévoué et intègre. Il s’agit plutôt de renforcer les contrôles et les mécanismes de vigilance afin d’identifier et de sanctionner, le cas échéant, les pratiques qui pourraient porter atteinte à l’intégrité du système éducatif.

Remettre le mérite et l’excellence au cœur de l’école béninoise

Chaque examen entaché de soupçons frappe au cœur le principe de justice sociale et de méritocratie. Lorsque la gestion et l’organisation des examens sont elles-mêmes entachées d’irrégularités, quelles exigences de bonnes pratiques et de rigueur administrative peut-on encore en attendre ?

Le coup de balai entamé au CEP doit marquer le début d’une vaste opération de salubrité publique dans l’éducation. Il doit surtout être l’occasion de renforcer les contrôles à tous les niveaux et de veiller à ce que toute pratique contraire à l’intégrité des examens soit identifiée et sanctionnée. Les autorités pourront ainsi éloigner davantage les risques de corruption de l’organisation des examens et permettre que les agents les plus compétents et les plus méritants soient retenus pour les différentes missions, au bénéfice de la qualité et de la crédibilité du système éducatif.

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