Une correspondante de CNN s’est fait couper la parole à plusieurs reprises par le président américain lundi, alors qu’elle l’interrogeait sur ses échanges avec le dirigeant nord-coréen. La scène s’est déroulée dans le Bureau ovale, lors d’un événement organisé en l’honneur d’un jeune maître-nageur ayant sauvé un enfant de la noyade.
Une question sur les exercices militaires en Corée du Sud
Donald Trump recevait ce jour-là Ryder Williams, 16 ans, et Nathaniel Rai, 10 ans, sauvé par ce dernier lors d’une opération de secours en Californie fin juillet. La séance de questions qui a suivi a rapidement dévié vers un tout autre sujet : la veille, sur Truth Social, le président avait annoncé vouloir réduire les exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Corée du Sud, invoquant sa relation avec Kim Jong Un.
Interrogé sur cette décision, Trump a d’abord défendu son choix, assurant que sa proximité avec le dirigeant nord-coréen rendait la région plus sûre. La correspondante de CNN, Kristen Holmes, a alors demandé si Kim Jong Un lui avait personnellement demandé de revoir à la baisse ces manœuvres militaires.
Le président accuse la journaliste de « manque de respect »
La réaction du président a été immédiate. Se tournant vers le jeune Nathaniel Rai assis face à lui, Trump lui a demandé s’il trouvait la journaliste irrespectueuse, avant de lui répéter à plusieurs reprises de se taire. Lorsque Holmes a précisé représenter CNN, le ton est monté davantage : le président l’a qualifiée de « personne bruyante et tapageuse » et a répété l’ordre de se taire, tout en accusant la chaîne de diffuser de fausses informations.
CNN a réagi dans la foulée par un communiqué défendant sa journaliste, la décrivant comme l’une des correspondantes les plus respectées couvrant la Maison-Blanche et affirmant qu’elle avait posé une question légitime et d’intérêt public.
La Maison-Blanche durcit le ton après l’incident
Après l’échange, le compte de communication rapide de la présidence a publié un message qualifiant la journaliste d’« embarras déshonorant pour sa profession », l’accusant d’avoir profité d’un événement consacré à un adolescent pour viser le président. CNN a de nouveau pris sa défense publiquement.
Cet épisode s’ajoute à une série de confrontations entre le président et des journalistes, notamment des femmes couvrant la présidence, sur des sujets liés à sa politique étrangère.
Un dossier nord-coréen sensible depuis 2018
Les tensions autour des exercices militaires américano-sud-coréens ne datent pas de cette semaine. En juin 2018, lors du sommet de Singapour, Trump avait déjà surpris ses propres services en annonçant la suspension de ces manœuvres, qu’il jugeait trop coûteuses et provocatrices envers Pyongyang. Cette décision avait alors inquiété des alliés comme le Japon, qui la jugeait risquée pour la sécurité régionale. Près de 28 500 soldats américains restent aujourd’hui stationnés en Corée du Sud, dans le cadre d’un dispositif de défense mutuelle vieux de plusieurs décennies.



