Téléphonie mobile & services numériques : Comment l'Arcep veille sur les consommateurs béninois

Dans un environnement économique de plus en plus numérisé, l’accès à des services de télécommunications fiables, abordables et de haute qualité est devenu un droit fondamental pour les citoyens. Au Bénin, l’autorité de régulation des communications électroniques et de la Poste (Arcep) s’impose plus que jamais comme un bouclier protecteur. La publication de son rapport d’activités 2025 révèle une institution résolument engagée dans un bras de fer constructif mais sans concession avec les opérateurs Gsm, pour défendre le pouvoir d’achat et la qualité de service dus aux Béninois.

Contrôles rigoureux, sanctions pécuniaires record de 4.8 milliards, itinérance régionale et outils digitaux. Telles sont les armes utilisées par l’Arcep pour protéger le consommateur béninois en 2025. L’époque de l’impunité tarifaire ou des promesses non tenues en matière de couverture réseau semble définitivement révolue. L’année 2025 a été marquée par une ferme prise de responsabilité de l’Arcep face aux manquements constatés sur les réseaux mobiles. À l’issue d’instructions rigoureuses, le Conseil de Régulation a frappé fort en infligeant des sanctions financières lourdes aux deux géants de la téléphonie mobile.

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Pour non-respect de leurs obligations de couverture et de qualité de service, l’opérateur Moov Africa Bénin SA a été condamné à une pénalité de 1,506 milliard de Fcfa, tandis que Spacetel Bénin SA (MTN) s’est vu infliger une sanction de 3,351 milliards de FCFA. Ces amendes, totalisant plus de 4,85 milliards de FCFA, sont assorties de mises en demeure strictes leur intimant de se conformer aux cahiers des charges dans un délai maximal de 12 mois. Ces mesures concrètes prouvent que le régulateur ne transige pas avec le confort numérique des abonnés.

Interconnexion Mobile Money : la fin du diktat des réseaux

L’une des avancées les plus populaires obtenues par l’Arcep en 2025 concerne la liberté de choix financière. Historiquement, chaque plateforme d’Émetteur de monnaie électronique (EME) était verrouillée et liée à un seul réseau mobile. L’Arcep a mis un terme à ce cloisonnement en imposant l’interconnexion universelle des plateformes Mobile Money via la syntaxe USSD.

Désormais, les codes emblématiques *880# (MTN MoMo), *855# (Moov Money) et *889# (Celtiis Cash) sont fonctionnels sur l’ensemble des réseaux mobiles du territoire. Un abonné béninois peut aujourd’hui gérer ses trois portefeuilles électroniques à partir d’un seul numéro, quel que soit son opérateur. Cette régulation collaborative renforce considérablement l’inclusion financière et simplifie le quotidien de millions de citoyens.

Un bilan d’impact mesurable au service de l’usager

L’analyse globale des performances réglementaires de l’exercice 2025 fait ressortir un faisceau d’actions concertées dont les retombées bénéficient directement aux citoyens. Sur le plan disciplinaire, l’application de 4 857 608 146 Fcfa de sanctions pécuniaires aux deux opérateurs majeurs constitue un moyen de pression directe pour contraindre le secteur à investir massivement dans l’amélioration de la couverture et la résilience des réseaux.

Parallèlement à ces mesures correctives de grande ampleur, la protection individuelle des droits des abonnés s’est traduite par le traitement de 117 plaintes formelles, dont 67 % se sont révélées parfaitement fondées, entraînant des réparations concrètes et des remboursements financiers directs aux usagers lésés.

Sur le plan de la santé publique et de l’organisation du marché, le régulateur a exercé une surveillance technique rigoureuse en procédant à l’audit sanitaire de 990 sites radioélectriques sur toute l’étendue du territoire national, tout en garantissant la fluidité du secteur par la délivrance et le suivi de 868 titres d’exploitation. Enfin, cette dynamique de régulation s’étend également au secteur postal et des colis express (moteur indispensable de l’économie numérique et du e-commerce), où le suivi assidu des prestations a permis d’enregistrer un taux de satisfaction globale des usagers de 68 %, tout en imposant un niveau d’exigence accru aux acteurs de la logistique.

Le combat de l’Arcep dépasse les frontières nationales. En application du règlement de la Cedeao sur l’itinérance communautaire, l’autorité a signé en décembre 2025 un accord bilatéral historique avec l’Artp du Sénégal (s’ajoutant aux accords déjà opérationnels avec le Togo, le Ghana et le Mali). Dès le 1er mars 2026, les voyageurs béninois au Sénégal seront facturés comme des abonnés locaux, avec un plafond tarifaire de communication transfrontalière chutant à 130 FCFA la minute et brisant ainsi les surcoûts habituels du roaming.

Un contrôle technique intransigeant sur le terrain

La défense des citoyens ne se limite pas aux textes réglementaires ; elle s’incarne sur le terrain. En 2025, l’Arcep a déployé des équipes d’inspection sur toute l’étendue du territoire national. Dans le cadre de la protection de la santé publique, 990 sites radioélectriques (pylônes) ont été audités par des laboratoires agréés pour vérifier le respect des normes d’exposition aux Rayonnements Non Ionisants (RNI), sans aucune infraction majeure décelée.

Par ailleurs, le régulateur a intensifié ses contrôles aux zones frontalières (notamment lors de missions conjointes avec l’Arcep Togo dans le Mono, Couffo, Zou, Collines et Donga) pour juguler les brouillages spectraux et éviter que les citoyens béninois ne basculent involontairement sur des réseaux étrangers à tarifs exorbitants.

Dans le secteur postal et des colis express (secteur clé du e-commerce), l’Arcep a assaini le marché en sanctionnant 8 opérateurs défaillants pour manquement à leurs obligations réglementaires et financières. Dans le même temps, une enquête de satisfaction auprès des usagers a révélé un taux d’appréciation positive de 68%, poussant le régulateur à imposer des standards encore plus élevés aux acteurs logistiques. Certifiée ISO 900, version 2015, l’Arcep démontre à travers son rapport annuel 2025 qu’elle n’est pas un simple spectateur administratif, mais un acteur stratégique du développement socio-économique du Bénin. 

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