ONU : le Burkina Faso dénonce le silence international après l'attaque du 25 avril au Mali

Karamoko Jean-Marie Traoré a interpellé les Nations unies sur l’absence de réaction internationale face à l’attaque djihadiste survenue le 25 avril dernier au Mali. Le chef de la diplomatie burkinabè s’est exprimé le 25 septembre 2026 à New York, lors d’une rencontre avec Alexandre Zouev, Sous-Secrétaire général par intérim du Bureau des Nations unies de lutte contre le terrorisme.

Les attaques du 25 avril en toile de fond

Le 25 avril 2026, une série d’attaques coordonnées avait frappé plusieurs villes du Mali, dont Bamako, Kati, Gao, Mopti, Sévaré et Kidal. L’offensive, menée conjointement par le JNIM et le Front de libération de l’Azawad (FLA), avait visé des installations militaires et des sites stratégiques, notamment aux abords de la résidence du président Assimi Goïta, à Kati. Le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, avait été tué dans un attentat-suicide à la voiture piégée, aux côtés de plusieurs membres de sa famille et de civils présents près d’une mosquée voisine.

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Selon les bilans avancés par les différentes parties, ces attaques avaient fait plusieurs centaines de morts, entraînant l’instauration d’un couvre-feu de 72 heures à Bamako. C’est dans ce cadre que le chef de la diplomatie burkinabè s’est exprimé devant un responsable onusien, relançant le débat sur le traitement médiatique et diplomatique réservé aux groupes armés du Sahel.

Le ministre burkinabè dénonce un « silence » international

Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean-Marie Traoré, a rencontré Alexandre Zouev, Sous-secrétaire général par intérim du Bureau des Nations unies de lutte contre le terrorisme, le 25 septembre 2026. Selon les déclarations rapportées de l’entretien, le ministre s’est dit surpris par le mutisme de la communauté internationale lorsque le JNIM s’est associé au FLA pour frapper le Mali.

« Pour nous, c’est une sorte de caution non avouée à un groupe pourtant reconnu mondialement comme un groupe terroriste », a affirmé le ministre burkinabè, selon des propos relayés à l’issue de la rencontre. Il a estimé que le JNIM avait bénéficié d’une exposition médiatique disproportionnée au regard des exactions qui lui sont attribuées contre des populations civiles au Burkina Faso, au Mali, au Niger et ailleurs.

L’appel à davantage de responsabilité

Le chef de la diplomatie burkinabè a demandé aux acteurs internationaux de faire preuve de plus de rigueur face à ce qu’il qualifie d’instrumentalisation des groupes armés. « Nous lançons un appel à la communauté internationale pour qu’il y ait davantage de responsabilité face à de telles instrumentalisations », aurait-il déclaré devant le représentant onusien.

De son côté, le Bureau des Nations unies de lutte contre le terrorisme a réaffirmé son engagement à poursuivre son appui au Burkina Faso, notamment dans la conduite d’enquêtes antiterroristes et dans le cadre d’autres programmes de collaboration bilatérale. Le pays sahélien, comme le Mali et le Niger, s’est retiré depuis 2023 des dispositifs militaires occidentaux au profit d’une coopération sécuritaire renforcée avec la Russie au sein de l’AES. Cette dénonciation portée par Ouagadougou devant l’ONU relance le débat sur la manière dont la communauté internationale traite les attaques visant les pays du Sahel.

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