Algérie-Émirats : tout a commencé par un projet immobilier refusé par Tebboune

Un projet immobilier baptisé Dounia Park bloque encore aujourd’hui les relations entre Alger et Abou Dhabi. Cette affaire, révélée par une enquête du quotidien El Watan publiée le 13 septembre 2026, remonterait à l’époque où Abdelmadjid Tebboune occupait le ministère de l’Habitat, avant son accession à la présidence en 2019.

Un montage financier contesté

Derrière une opération immobilière officiellement chiffrée à 500 millions d’euros se cacherait un tout autre objectif, selon le journal algérien : faire sortir illégalement du pays une somme avoisinant les 5 milliards de dollars. Tebboune, alors en charge du logement, aurait refusé de donner son feu vert à ce dossier porté par des intérêts émiratis. La date exacte de cet épisode n’est pas précisée par El Watan, qui le présente comme un point de départ de l’hostilité entre les deux parties.

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Cette rancune ancienne aurait, selon le journal, ressurgi des années plus tard sous une forme différente : des tentatives d’influence visant directement le parcours électoral du président.

Des accusations d’ingérence électorale répétées

Le 8 février 2026, dans une interview télévisée diffusée par les médias publics algériens, Tebboune avait pour la première fois évoqué des tentatives d’ingérence dans les scrutins présidentiels. Ils s’immiscent dans nos élections, avait-il déclaré, sans citer nommément les Émirats arabes unis.

Cette déclaration visait, selon les précisions apportées depuis par El Watan, les présidentielles de 2019 et de 2024. Le journal évoque des cercles d’influence proches d’Abou Dhabi qui se seraient mobilisés dans la capitale française à l’approche du second scrutin, pour tenter de contrarier la réélection du chef de l’État algérien. Aucune date précise n’a été communiquée pour ces réunions.

Fin juillet 2026, plusieurs mois après cette première sortie médiatique, le ton s’était encore durci : Tebboune avait qualifié le pays visé de micro-État malfaisant, affirmant disposer de preuves sur ses agissements dans la région.

Israël et le Sahel, autres sources de friction

Au-delà du différend électoral, deux dossiers alimentent la défiance algérienne envers Abou Dhabi. La signature des accords d’Abraham en septembre 2020, qui ont scellé la normalisation des relations entre les Émirats et Israël, coïncide selon plusieurs analyses avec le début de la dégradation des liens entre les deux capitales. L’Algérie, qui ne reconnaît pas l’État hébreu et défend la création d’un État palestinien, perçoit l’élargissement de la présence israélienne au Maghreb et au Sahel comme une menace pour sa sécurité régionale.

Abou Dhabi est également soupçonné de financer des groupes armés dans plusieurs pays voisins, dont les Forces de soutien rapide au Soudan et des réseaux actifs au Mali et en Libye. Ces accusations de déstabilisation régionale reviennent régulièrement dans les prises de parole du président algérien, sans jamais désigner directement le pays visé.

La rupture officielle du 10 septembre

La rupture des relations diplomatiques a été annoncée le 10 septembre 2026 par le ministère algérien des Affaires étrangères. Le communiqué officiel, relayé par l’agence de presse APS, évoque une multiplication des agissements provocateurs de la part d’Abou Dhabi, sans détailler les faits reprochés.

L’ambassadeur émirati a été convoqué le jour même et s’est vu accorder un délai de 48 heures pour se conformer à la décision. Dans la soirée, l’espace aérien algérien a également été fermé aux avions militaires et civils émiratis, à l’exception des vols commerciaux maintenus jusqu’à fin 2026.

Les deux pays entretenaient des relations diplomatiques depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962. Cette rupture met fin à plus de six décennies de liens officiels ininterrompus entre les deux capitales.

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