Cocaïne saisie en France : une esthéticienne d'Accra arrêtée et écrouée au Ghana

Jessica Hartog a comparu le 16 septembre devant la Haute Cour d’Accra avec trois autres suspects, deux semaines après la découverte de près de 3,9 tonnes de cocaïne dans un conteneur parti du Ghana. L’esthéticienne de 34 ans, propriétaire du salon Euro Spa and Beauty Lounge à Shiashie, a plaidé non coupable et reste détenue jusqu’au 13 octobre.

Une cargaison interceptée à Dunkerque

Le conteneur, déclaré comme chargé de déchets plastiques, a été contrôlé le 10 septembre au port de Dunkerque par la Brigade de surveillance extérieure des douanes françaises. Il devait initialement rejoindre le port d’Anvers. Selon la cheffe du parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), Vanessa Perrée, la drogue était répartie en 167 paquets, camouflée au milieu de déchets plastiques, pour une valeur estimée à 225 millions d’euros. La totalité de la drogue a depuis été détruite, et l’enquête confiée à l’Office anti-stupéfiants (Ofast).

Quatre suspects interpellés à Accra

Au Ghana, la Commission de contrôle des stupéfiants (NACOC) a ouvert ses propres investigations dès la révélation de la saisie française. Ses agents ont interpellé Hartog et l’homme d’affaires Desmond Koranteng Curiel, également connu sous les alias « Paul Kweku Yeboah » ou « Biggs », le 12 septembre à Ashaley Botwe. Un troisième suspect, Kweku Otchere, a été arrêté à son domicile d’East Legon, tandis que Musah Attah, surnommé « Kromo », s’est rendu de lui-même au siège de la NACOC le 14 septembre. Un cinquième homme, identifié comme Jos Leudekkers, alias « Bolle Jos », demeure recherché.

D’après la presse ghanéenne, Hartog se serait présentée comme la fiancée de Curiel et aurait affirmé ignorer la nature des activités commerciales de ce dernier. Les quatre accusés font face à des chefs d’association de malfaiteurs et d’exportation non autorisée de stupéfiants, des faits qui n’ont pas encore été tranchés par la justice.

Un port sous surveillance renforcée

Cette saisie s’ajoute à une série d’interceptions massives survenues à Dunkerque en février, où plus de 13 tonnes de cocaïne avaient été récupérées en moins de deux semaines dans le même port. Face à cette recrudescence, les autorités douanières y ont renforcé leurs effectifs et leurs moyens de contrôle, alors que 747 000 conteneurs y ont été manutentionnés l’année précédente.

Du côté ghanéen, l’affaire relance les critiques sur les contrôles à l’exportation. L’avocat et vice-président d’IMANI Africa, Kofi Bentil, a réclamé sur la chaîne JoyNews l’arrestation de toute la chaîne ayant permis la manutention du conteneur, estimant que l’ampleur de la cargaison supposait une complicité au moment du passage en douane ghanéenne.

L’enquête doit désormais déterminer les circuits ayant permis à la marchandise de quitter le territoire ghanéen sans être détectée, ainsi que l’implication exacte de chacun des suspects dans la chaîne d’exportation.

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