Cybercab : Elon Musk s'attaque à Uber, mais le lancement tourne court

Un contrôle réglementaire vise désormais le Cybercab de Tesla, à peine un jour après sa mise en circulation à Austin. Le titre du constructeur a perdu près de 6% en séance vendredi 4 septembre à Wall Street.

Elon Musk voyait dans ce véhicule biplace, dépourvu de volant et de pédales, un levier pour capter des clients à Uber et Lyft. Le tarif annoncé tourne autour de 30 à 40 centimes le mile, un niveau qui divise par deux le prix moyen d’une course VTC classique. Le parc reste réduit à une cinquantaine d’unités enregistrées au Texas, sans que Tesla précise combien assurent effectivement des trajets payants.

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Un feu vert que Tesla s’est accordé lui-même

L’agence fédérale des transports routiers a indiqué vouloir examiner comment le groupe a justifié la conformité de son véhicule aux normes de sécurité en vigueur. Les textes actuels imposent volant et pédales pour circuler commercialement, sauf dérogation spécifique.

Amazon avait obtenu ce type de dérogation fin juillet pour Zoox, sa filiale de robotaxis. Tesla, à l’inverse, a choisi l’auto-certification : le constructeur a lui-même attesté respecter les normes fédérales, une déclaration que l’administration peut vérifier après coup. L’événement de lancement, organisé le 3 septembre, s’adressait uniquement à un public trié sur le volet, majeur, identifié à l’entrée, sans retransmission accessible au grand public.

Uber pourrait tirer profit de la situation

Ce faux départ jouerait en faveur du rival historique. D’après des analystes de Jefferies relayés par la presse économique, un robotaxi freiné par des obstacles réglementaires constituerait une issue favorable pour Uber. Par le passé, le titre de la plateforme avait déjà progressé après des annonces similaires de Tesla, les marchés doutant régulièrement du calendrier fixé par Musk.

À titre de comparaison, Waymo, propriété d’Alphabet, fait rouler près de 4 000 véhicules autonomes dans 14 agglomérations américaines et revendique 500 000 trajets rémunérés hebdomadaires. Son équipe dirigeante avait publiquement mis en doute, quelques jours avant l’arrivée du Cybercab, la fiabilité d’une conduite reposant uniquement sur des caméras.

Deux stratégies opposées vers l’autonome

L’idée du Cybercab remonte à octobre 2024, dévoilée lors d’une soirée événementielle à Los Angeles où Musk visait une industrialisation avant 2027. La fabrication en petite série n’a réellement commencé qu’en février 2026, suivie de tests routiers ouverts progressivement au Texas puis en Floride à partir de juin.

Uber avance sur un calendrier différent. Le groupe a annoncé le 2 septembre une réduction de 3 300 emplois, un dixième de son personnel mondial, pour dégager des moyens en vue d’un investissement de 10 milliards de dollars dans les technologies sans chauffeur. Les deux groupes visent la même cible, avec des méthodes et des rythmes opposés.

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