La totalité de l’éclipse solaire du 2 août 2027 atteindra 6 minutes et 23 secondes à proximité de Louxor, en Égypte. Aucun autre point du globe ne connaîtra une obscurité totale aussi longue avant environ 87 ans, selon les calculs de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides (IMCCE).
Une proximité orbitale décisive
La durée exceptionnelle de cet événement tient à la position de la Lune sur son orbite. Ce jour-là, elle se trouvera proche de son périgée, le point le plus proche de la Terre, situé entre 357 000 et 370 000 kilomètres selon les cycles. Vue depuis le sol, elle paraîtra alors plus grande et projettera une ombre à la fois plus large et plus lente à traverser la surface terrestre. Selon l’IMCCE, la magnitude de l’éclipse atteindra 1,079, un ratio qui traduit un disque lunaire nettement plus grand que le disque solaire au moment du contact.
Un écart de près de deux minutes sépare cette éclipse de celle d’avril 2024, observée en Amérique du Nord, où la phase de totalité n’avait pas dépassé quatre minutes et demie. La différence tient à la position de la Lune sur son orbite au moment de l’alignement.
Une bande de totalité de 258 kilomètres
Partie de l’océan Atlantique, l’ombre lunaire balaiera une zone large d’environ 258 kilomètres. Elle atteindra d’abord le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye, ainsi que le sud de l’Espagne via Gibraltar, avant de remonter vers l’Égypte, où se situe le point de plus grande éclipse. Le phénomène poursuivra ensuite sa course vers la péninsule arabique, traversant l’Arabie saoudite et le Yémen, jusqu’à s’éteindre au-dessus de l’océan Indien. Le premier contact est attendu vers 7h30 UTC et le dernier vers 12h43 UTC, d’après les éphémérides de l’IMCCE. En France métropolitaine, seule une éclipse partielle sera visible, avec un taux de couverture solaire plus marqué au sud qu’au nord du pays.
Un cycle vieux de plusieurs siècles
Cette éclipse appartient au cycle de Saros 136, une série connue pour produire certaines des éclipses totales les plus longues de l’ère moderne, dont celle observée en Asie en 2009. Un cycle de Saros regroupe des éclipses partageant une géométrie Terre-Lune-Soleil similaire, répétée tous les 18 ans et 11 jours environ, ce qui permet aux astronomes de prédire ces événements des siècles à l’avance. L’observation directe du phénomène nécessitera l’usage de lunettes conformes à la norme ISO 12312-2:2015, y compris pendant les phases partielles, sous peine de lésions oculaires irréversibles.



