Félix Tshisekedi a effectué cette semaine une visite officielle en Israël, où le président de la République démocratique du Congo (RDC) a rencontré les dirigeants israéliens et s’est rendu au Mur occidental à Jérusalem. Le déplacement confirme la volonté de Kinshasa et des autorités israéliennes de développer leurs relations, alors que les rapports avec Israël continuent de diviser plusieurs pays africains.
Le président congolais s’est entretenu avec son homologue Isaac Herzog ainsi qu’avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Les échanges ont concerné les questions militaires ainsi que les projets agricoles, énergétiques et technologiques envisagés entre les deux pays.
Tshisekedi s’est également rendu au Mur occidental accompagné de la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et de membres de sa délégation. Cette étape de son déplacement a été relayée mercredi 2 septembre par plusieurs médias.
Des relations renforcées entre la RDC et Israël
Les relations entre les deux pays se sont progressivement resserrées sous la présidence de Félix Tshisekedi. Kinshasa souhaite développer des partenariats avec Israël dans plusieurs secteurs, tandis que les autorités israéliennes cherchent depuis plusieurs années à multiplier leurs relations politiques et commerciales avec les États africains.
Cette orientation n’est pas nouvelle. En 2021, Tshisekedi, qui assurait alors la présidence tournante de l’Union africaine, s’était déjà rendu en Israël. Les relations entre les deux États avaient aussi attiré l’attention lors des discussions sur le statut d’observateur accordé à Israël auprès de l’organisation panafricaine.
Cette décision avait provoqué des désaccords entre les États membres. L’Afrique du Sud et l’Algérie figuraient parmi les pays opposés à cette évolution, tandis que d’autres gouvernements africains entretenaient ou développaient leurs relations avec Israël.
Israël reste un sujet de désaccord entre les États africains
Les relations avec Israël restent une question diplomatique sur laquelle les positions divergent au sein de l’Union africaine. Plusieurs États du continent soutiennent historiquement la cause palestinienne et défendent la création d’un État palestinien. D’autres ont renforcé leurs liens politiques, économiques ou sécuritaires avec les autorités israéliennes au cours des dernières années.
La politique menée par Kinshasa correspond à une volonté de développer les relations bilatérales avec Israël. Actualite.cd rappelle que cette orientation avait déjà suscité des réserves en RDC et que la question du statut d’Israël auprès de l’Union africaine avait opposé plusieurs États membres.
Aucune série de condamnations officielles de gouvernements africains visant spécifiquement le déplacement actuel de Tshisekedi n’était toutefois recensée au 3 septembre. Les divergences observées portent principalement sur les relations entretenues par les États africains avec Israël plutôt que sur cette visite présidentielle elle-même.
Kinshasa maintient sa position sur les Palestiniens
La diplomatie congolaise défend également des positions concernant la situation des Palestiniens. Quelques semaines avant le déplacement présidentiel, la RDC avait demandé au Conseil de sécurité des Nations unies, aux côtés du Liberia et de la Somalie, une désescalade des tensions et le respect du droit international.
Les trois pays avaient aussi demandé que les populations civiles palestiniennes et israéliennes soient protégées. Kinshasa maintient ainsi ses relations avec Israël tout en défendant aux Nations unies le respect du droit international et la protection des civils. Les États africains continuent, pour leur part, d’adopter des positions différentes sur leurs relations avec les autorités israéliennes.



