Aucun décès au combat n’aurait jamais été caché par l’armée américaine, a affirmé Pete Hegseth. Le secrétaire à la Défense s’est exprimé dans un entretien accordé à la journaliste Alexandra Ingersoll, de la chaîne OAN, diffusé le 20 septembre, quarante-huit heures après la publication d’une enquête du Washington Post contestant les chiffres officiels des pertes militaires en Iran.
Ce que révèle l’enquête du Washington Post
Le quotidien américain affirmait vendredi, en s’appuyant sur six responsables ayant accès aux données internes du Pentagone, qu’au moins 22 militaires seraient morts depuis le déclenchement du conflit avec l’Iran. Ce chiffre dépasserait de quatre unités celui inscrit dans le Defense Casualty Analysis System, la base de données publique de l’armée, qui n’en recense que 18. Un sixième responsable cité par le journal avançait même un total de 23 décès. Selon l’enquête, les circonstances de ces décès supplémentaires resteraient floues et ne seraient pas toutes liées directement à des frappes iraniennes.
La réponse de Hegseth face à la journaliste Alexandra Ingersoll
Interrogé en exclusivité par Alexandra Ingersoll, correspondante de One America News Network (OAN), sur les accusations de sous-comptage des pertes américaines en Iran, Pete Hegseth a rejeté catégoriquement les affirmations attribuées au Washington Post. Le secrétaire américain à la Défense s’est notamment interrogé sur l’origine des chiffres avancés par le quotidien, dénonçant une nouvelle fois le recours à des « sources anonymes ». Il a également mis en cause la crédibilité du journal, estimant que ses informations étaient destinées à présenter négativement l’administration américaine et le président Donald Trump.
Hegseth a surtout affirmé qu’une éventuelle dissimulation d’un décès au combat serait incompatible avec le fonctionnement de l’armée américaine. « Même si nous voulions tenter de cacher une mort au combat, nous ne le ferions jamais et nous ne le pourrions jamais », a-t-il déclaré. Il a expliqué cette position par la valeur accordée par l’institution à chacun de ses militaires, avant de qualifier les informations du Washington Post de « totalement inventées », de « fausses » et de « mensonge ». Selon lui, ces accusations cherchent également à minimiser ce qu’il présente comme le succès obtenu par les États-Unis dans le conflit.
Un doute alimenté par un précédent estival
L’épisode ne surgit pas de nulle part. En juillet, quatre soldats tués après la reprise des combats avaient été retranchés du décompte spécifique à la guerre contre l’Iran, avant d’être classés dans une catégorie séparée nommée « Overseas Operations » — une manœuvre comptable qui avait fait passer le total officiel de 18 à 14 selon des révélations du New York Times à l’époque. Ce précédent nourrit aujourd’hui la défiance envers les chiffres communiqués par le Pentagone.
Des polémiques comparables sur l’exactitude des décomptes militaires américains avaient déjà éclaté durant la guerre du Vietnam, certaines estimations transmises par l’armée à l’époque s’étant révélées, une fois les archives déclassifiées, largement éloignées de la réalité du terrain. Le conflit opposant Washington et Téhéran, entamé le 28 février par une offensive conjointe américano-israélienne visant des installations nucléaires et des cadres du régime iranien, aurait déjà coûté plus de 43,6 milliards de dollars selon des données du Commandement central américain relayées début septembre par l’Associated Press.
La controverse survient le même jour que l’annonce, par le président Donald Trump, d’une interdiction d’accès à la Maison-Blanche visant plusieurs rédactions, dont CNN et Politico. Le Pentagone n’a pas publié de nouveaux éléments chiffrés en réponse aux affirmations du Washington Post.



