Washington ne changera pas de cap sur les réfugiés pour l’exercice budgétaire 2027. L’administration de Donald Trump a notifié le Congrès, mardi 22 septembre, qu’elle fixait à nouveau le plafond des admissions à 17 500 personnes, une majorité de places étant réservée aux Afrikaners d’Afrique du Sud.
Ce chiffre reprend exactement celui déjà en vigueur depuis mai 2026. Pour rappel, le plafond avait d’abord été fixé à 7 500 places le 30 septembre 2025, avant que l’administration ne le porte à 17 500 le 21 mai suivant, en réservant 10 000 places supplémentaires spécifiquement aux Afrikaners. Douze mois plus tard, ce même seuil devient donc la référence pour le prochain exercice, qui débute en octobre.
Une réinstallation à 500 millions de dollars
Le document transmis aux parlementaires évalue à environ 500 millions de dollars le coût de cette opération de réinstallation. Washington y justifie son choix en avançant que les Afrikaners s’intégreront pleinement sur le territoire américain tout en préservant les ressources des contribuables. Le texte précise également que les États-Unis n’anticipent pas de réinstallation de cette communauté par d’autres pays.
L’administration américaine avance que cette minorité blanche, descendante de colons majoritairement néerlandais et français arrivés dès le XVIIe siècle, subirait des discriminations touchant l’accès à la terre, à l’emploi, à l’éducation et à la création d’entreprise. Pretoria conteste systématiquement cette lecture et refuse de reconnaître les Afrikaners comme une minorité persécutée.
Selon les données du Département d’État arrêtées à fin août, presque tous les réfugiés admis sur l’exercice 2026 — à trois exceptions près sur près de 3 000 personnes au total — étaient sud-africains. Le programme, historiquement ouvert à des dizaines de nationalités fuyant guerres ou persécutions, se retrouve ainsi concentré sur un seul groupe.
Un programme redéfini depuis 2025
Depuis son retour à la Maison-Blanche début 2025, Donald Trump avait suspendu l’ensemble du programme de réinstallation, laissant en suspens des milliers de dossiers déjà instruits à travers le monde. Sa réouverture s’était accompagnée d’un ciblage quasi exclusif sur les Afrikaners, une orientation confirmée et prolongée par l’annonce de cette semaine.
Ce recentrage marque une rupture par rapport à l’histoire du programme américain de réfugiés, créé en 1980. Lors du premier mandat de Trump, le plafond avait déjà été ramené à 18 000 admissions pour l’exercice 2020, un niveau qualifié à l’époque de plus bas jamais atteint depuis la création du dispositif, contre 85 000 lors de la dernière année pleine de l’administration Obama. Sous Joe Biden, ce seuil était ensuite remonté jusqu’à 125 000 places visées pour la dernière année de son mandat.
Des organisations humanitaires ont réagi à l’annonce de mardi. La présidente de Global Refuge, Krish O’Mara Vignarajah, a estimé qu’un programme de réfugiés centré sur un seul groupe et excluant tous les autres constitue un abandon des familles vulnérables à travers le monde. Le plafond de 17 500 places doit encore être soumis au Congrès avant son entrée en vigueur au 1er octobre.



