Iran: la Chine défie les États-Unis et accueille un avion iranien sur son sol

Un Airbus A340 de Mahan Air a atterri mercredi à Guangzhou, en Chine, en provenance de Téhéran, alors que de nouvelles mesures américaines visent les acteurs apportant des services aux compagnies aériennes iraniennes. Selon les données de Flightradar24, le vol W593 a touché le sol à 08h39 GMT.

Le vol intervient au moment où Washington accentue la pression sur le transport aérien iranien. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, avait averti que les acteurs fournissant aux avions iraniens des services tels que le ravitaillement ou l’assistance à l’atterrissage pourraient subir des sanctions financières. Les modalités précises de l’application de ces mesures n’étaient toutefois pas entièrement détaillées mercredi.

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Mahan Air sous sanctions américaines depuis 2011

L’arrivée de l’appareil à Guangzhou ne constitue pas une nouvelle relation aérienne entre Mahan Air et la Chine. La compagnie iranienne est visée par les sanctions américaines depuis octobre 2011. Le département du Trésor américain l’avait alors placée sous sanctions en l’accusant de fournir un soutien financier, matériel et technologique à la force Al-Qods des Gardiens de la révolution iraniens.

Les restrictions américaines n’ont pourtant pas empêché Mahan Air de conserver des liaisons avec l’Asie. Des documents du Trésor montrent que son activité commerciale en Chine faisait déjà l’objet d’une surveillance américaine avant les dernières mesures.

En décembre 2019, Washington avait ainsi sanctionné Shanghai Saint Logistics, présentée comme l’agent commercial de Mahan Air à Shanghai. Cette société assurait alors des services liés au transport de marchandises sur les vols de la compagnie entre la Chine et l’Iran.

Guangzhou reste reliée au réseau de la compagnie

Les données de Flightradar24 montrent que la liaison Téhéran-Guangzhou continuait de fonctionner avant même le vol de mercredi. Plusieurs appareils de Mahan Air ont effectué cette liaison au cours des jours précédant l’arrivée du 23 septembre.

Le vol observé mercredi apparaît donc comme la poursuite d’une desserte existante plutôt que comme l’ouverture d’une nouvelle route. Les données disponibles recensent également d’autres liaisons de Mahan Air vers la Chine.

Cette continuité intervient après une nouvelle offensive américaine contre le réseau international de la compagnie. Le 30 juillet 2026, le Trésor américain avait annoncé des sanctions contre plusieurs personnes et entreprises liées aux activités de Mahan Air dans plusieurs pays, dont la Chine. Washington avait alors ciblé des agents commerciaux présentés comme participant au fonctionnement de la compagnie.

Des vols maintenus vers la Chine malgré les nouvelles mesures

La situation observée mercredi ne concerne pas uniquement Mahan Air. Selon des informations rapportées par l’AFP, plusieurs liaisons internationales iraniennes ont été suspendues, alors que des destinations chinoises restaient desservies.

Le gouvernement chinois avait déjà été confronté à des mesures américaines visant des entreprises fournissant des services aux compagnies iraniennes. Les sanctions de 2019 contre Shanghai Saint Logistics avaient ainsi été accompagnées d’un avertissement de Washington concernant les risques encourus par les entreprises étrangères travaillant avec Mahan Air.

L’atterrissage de mercredi intervient donc dans un contexte où les sanctions américaines contre Mahan Air et son réseau de prestataires existent depuis plusieurs années. La poursuite de la desserte chinoise constitue, à ce stade, un fait opérationnel constaté par les données de suivi aérien, sans que cela permette à lui seul de déterminer les éventuelles conséquences financières pour les acteurs chinois concernés.

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