Une usine d’armement n’a pas besoin de se trouver en Ukraine pour devenir un objectif aux yeux de Moscou. En effet, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a déclaré ce mercredi 30 septembre, lors d’un point de presse, que les sites européens qui fabriquent des armes pour Kiev pouvaient être visés par la Russie. Elle répondait à une question sur la proposition de la Pologne d’accueillir une production de ses missiles Patriot.
Maria Zakharova a affirmé que personne ne devait croire les usines militaires situées hors du territoire ukrainien à l’abri. « Les usines d’armement des pays européens qui produisent des armes pour l’Ukraine sont des cibles militaires potentielles pour la Russie », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que « quiconque pense le contraire se trompe ». Les autorités russes répètent par ailleurs qu’elles n’ont pas l’intention de faire la guerre à l’Europe. Moscou n’a pour l’heure annoncé aucune frappe précise contre un site européen.
Varsovie propose d’héberger la production de Patriot
Pour rappel, le 27 septembre, la vice-ministre polonaise de la Défense, Magdalena Sobkowiak-Czarnecka, a proposé que l’Ukraine fabrique ses Patriot sur le sol polonais si Kiev obtenait les licences américaines. Elle a évoqué un « territoire sûr », c’est-à-dire plus éloigné des attaques russes que l’Ukraine. Et pour cause, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait affirmé quelques jours plus tôt, après des entretiens à New York, que Donald Trump avait décidé d’accorder ces licences à son pays.
Ce n’est pas la première fois que Zakharova désigne une usine occidentale comme cible potentielle. En effet, en juillet 2023, elle avait déclaré que le site de blindés que Rheinmetall envisageait de construire en Ukraine serait une cible légitime pour l’armée russe. Toutefois, la menace de mercredi vise cette fois des installations situées hors d’Ukraine, dans des pays membres de l’OTAN.



