Lamine Yamal s’exprime sur le racisme : « ça ne va pas me déranger. Je suis noir »

Lamine Yamal a raconté son expérience du racisme dans le football lors d’un entretien accordé à Movistar Plus. Le joueur du FC Barcelone explique avoir été confronté à ce type de comportement à de nombreuses reprises, y compris sous des formes difficiles à identifier.

Le jeune international espagnol est revenu sur une séquence filmée au Santiago Bernabéu, où son coéquipier Raphinha avait été pris à partie par des supporters. Selon son témoignage, sa propre réaction avait alors surpris certaines personnes. Il explique qu’un joueur noir peut entendre une personne utiliser le terme « noir » sans nécessairement y voir une offense, selon le contexte et l’intention. « Si quelqu’un m’appelle noir, ça ne va pas me déranger. Je suis noir », a déclaré Yamal. Le joueur précise toutefois que la situation change lorsque le terme est employé volontairement pour humilier ou provoquer.

Yamal décrit aussi un racisme moins visible

Au-delà des insultes explicites, le Barcelonais affirme avoir été confronté à des comportements plus difficiles à déceler. Il évoque des remarques, des regards et des attitudes qui peuvent, selon lui, relever du racisme sans que leurs auteurs en aient forcément conscience. « Oui, mille fois. Je pense que les gens sont parfois racistes indirectement, sans même s’en rendre compte », rapporte-t-il dans cet entretien.

Cette dimension rejoint un problème identifié dans le football professionnel : les discriminations ne se produisent plus seulement dans les tribunes ou sur les terrains. Elles concernent aussi les réseaux sociaux. Lors de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, le service de protection des réseaux sociaux de la FIFA a analysé plus de 6 millions de publications et commentaires. Il a identifié 89 000 contenus abusifs après examen humain, dont 11 % à caractère raciste. Environ 1 000 comptes ont été transmis pour des investigations supplémentaires.

FIFA et UEFA disposent de procédures spécifiques

Les instances internationales ont renforcé leurs dispositifs pour répondre à ces comportements. Depuis 2024, la FIFA utilise dans ses compétitions un geste officiel permettant aux joueurs et aux membres des équipes de signaler un abus raciste à l’arbitre. Celui-ci peut alors déclencher une procédure en trois étapes. L’UEFA applique également depuis plusieurs années un protocole permettant à l’arbitre d’interrompre une rencontre lorsqu’un comportement raciste est constaté.

Si les faits persistent, le match peut être suspendu puis définitivement arrêté en dernier recours. Le dossier est ensuite transmis aux instances disciplinaires. Le témoignage de Yamal intervient donc dans un football où les sanctions et les mécanismes de signalement ont été renforcés, mais où les joueurs restent exposés à des comportements discriminatoires, y compris sur les plateformes numériques.

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