La campagne « Destination Cameroun » suscite depuis plusieurs jours une controverse entre Camille Makosso, Steve Fah et Valsero. Lancée pour promouvoir les paysages, la culture et le potentiel touristique du Cameroun, elle place aussi le rôle des créateurs de contenus dans la construction de l’image d’un pays au centre du débat.
Une campagne déployée dans les dix régions
Le projet porté par Makosso et Steve Fah prévoit une tournée à travers les dix régions du Cameroun afin de produire et diffuser des contenus consacrés aux territoires, à leur patrimoine et à leurs potentialités. La campagne a reçu un accueil institutionnel lors d’une rencontre organisée le 25 août 2026 avec le ministre de la Fonction publique, Joseph Lé. La première étape a été consacrée à l’Extrême-Nord, avant une poursuite annoncée dans la région de l’Est.
Le dispositif repose sur une communication largement diffusée sur les réseaux sociaux, avec des créateurs disposant d’importantes communautés numériques. L’audience de Camille Makosso donne une portée particulière à cette démarche. Des données publiques lui attribuent plusieurs millions d’abonnés cumulés sur Facebook, TikTok et YouTube. Ses publications peuvent ainsi toucher rapidement des internautes en Côte d’Ivoire, au Cameroun et dans d’autres pays africains.
Deux personnalités, deux formes d’influence
L’influence de Valsero repose sur un registre différent. Le rappeur camerounais s’est progressivement imposé dans le débat public par ses prises de position politiques et ses contenus critiques à l’égard du pouvoir de Yaoundé. Son engagement lui a permis de fédérer une communauté attentive à ses interventions sur les réseaux sociaux. Cette trajectoire donne une portée particulière à ses prises de position lorsqu’elles concernent l’image du Cameroun.
Une critique publiée par Valsero peut ainsi être reprise, commentée et débattue bien au-delà de son audience initiale. Makosso et Valsero disposent donc de leviers différents. Le premier mobilise une forte audience autour de contenus religieux, sociaux et médiatiques, tandis que le second bénéficie d’une notoriété construite autour de la musique et de l’engagement politique.
La promotion du pays devient un sujet de débat
La controverse autour de « Destination Cameroun » montre les tensions susceptibles d’apparaître lorsque la promotion d’un pays est confiée à des personnalités dont les communautés numériques ont leurs propres sensibilités. Selon les éléments rapportés par plusieurs médias camerounais, Valsero conteste la démarche portée par Makosso et Steve Fah. Des soutiens du projet défendent, à l’inverse, l’idée que la valorisation des paysages, de la culture et des activités économiques camerounaises peut être menée indépendamment des clivages politiques.
Le débat dépasse ainsi la question touristique. Il pose aussi celle de la place prise par les influenceurs dans la communication autour d’un pays. Avec leurs audiences transnationales, ces personnalités peuvent contribuer à diffuser rapidement une image du Cameroun, mais aussi provoquer des discussions lorsque cette représentation est contestée. La campagne « Destination Cameroun » illustre ainsi une nouvelle réalité de la communication numérique : la perception d’un pays se construit désormais aussi à travers les publications de personnalités suivies par des millions d’internautes.



