Kylian Mbappé a mis fin, mercredi soir, à un jour de silence sur son geste controversé avant le match Elche–Real Madrid. Dans une interview accordée au quotidien espagnol AS, l’attaquant français a expliqué pourquoi il avait porté à moitié, avec Vinícius Júnior et Ibrahima Konaté, le tee-shirt distribué en soutien à Ceuta.
Ce vêtement blanc fait partie d’une campagne lancée le 11 septembre par l’Association Valencienne des Entrepreneurs (AVE), avec l’appui de LaLiga, pour exprimer une solidarité envers la ville autonome espagnole confrontée à une arrivée massive de migrants depuis le Maroc fin juillet. L’opération avait déjà mobilisé les joueurs de Levante, Villarreal et du Betis Séville lors de journées précédentes.
Une distribution de dernière minute dans le tunnel
Selon les images diffusées après la rencontre, les maillots ont été remis aux 22 titulaires directement dans le tunnel des vestiaires, juste avant l’entrée sur la pelouse. Le trio madrilène aurait paru surpris en découvrant l’inscription « Todos somos caballas », accompagnée d’un second slogan, « Notre ville, notre patrie ». Mbappé affirme que porter ce tee-shirt relevait d’une consigne des clubs, à laquelle les joueurs devaient se plier sans possibilité de refus.
Un hommage élargi aux migrants disparus
Le capitaine des Bleus a tenu à préciser le sens de son geste plutôt que d’y voir un désaveu. Il affirme « être pleinement solidaire de Ceuta et de toutes les victimes », ajoutant qu’il souhaitait aussi « adresser une pensée à ceux qui ont péri en tentant de franchir la frontière ». Selon lui, aucune hiérarchie ne devrait être établie entre différentes formes de souffrance humaine. Le joueur du Real Madrid insiste sur le fait que son intention n’était pas politique, mais tournée vers l’apaisement. Cette explication intervient après des critiques en Espagne, où l’attitude des trois joueurs avait été interprétée comme un désintérêt, voire une opposition, envers la cause défendue par l’AVE.
Une crise migratoire toujours sensible
La polémique survient dans un climat déjà tendu autour de Ceuta. D’après le gouvernement espagnol, plus de 5 300 migrants seraient retournés au Maroc en l’espace d’un mois, sans que la situation dans la ville autonome ne soit totalement apaisée. Le Premier ministre Pedro Sánchez a lui-même été interrogé au Parlement sur la gestion de cette crise, quelques jours après des manifestations de soutien à l’enclave.
L’international marocain du Betis, Ez Abde, avait pour sa part été contraint de se justifier après avoir porté le même tee-shirt, certains internautes marocains y voyant une prise de position contre son propre pays. Fondée sur une côte disputée entre l’Espagne et le Maroc depuis le XVIe siècle, Ceuta reste, avec Melilla, l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Union européenne et le continent africain — une position géographique qui explique en grande partie sa vulnérabilité face aux flux migratoires.



