Le gouvernement béninois a rejeté ce vendredi 4 septembre 2026 toute implication de Cotonou dans les récents événements survenus à Niamey. Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a réaffirmé la volonté du Bénin de parvenir à une normalisation durable avec le Niger.
Face à la presse, le responsable béninois a rappelé que la position de Cotonou n’avait pas changé : le pays dit s’opposer à toute initiative visant à déstabiliser son voisin. « Nous sommes contre la déstabilisation du Niger aujourd’hui et nous le serons demain », a déclaré Wilfried Léandre Houngbédji. Cette mise au point intervient alors que le nom du Bénin avait été cité dans des accusations portant sur une possible implication extérieure dans les événements récents à Niamey.
Cotonou affirme ne pas considérer le Niger comme un adversaire
Le porte-parole du gouvernement béninois a également insisté sur les liens entre les populations des deux pays. Selon lui, les relations entre Béninois et Nigériens dépassent les différends entre autorités et doivent permettre une coexistence pacifique de part et d’autre de la frontière.
Il a ainsi estimé que les autorités nigériennes finiront par comprendre que le Bénin ne constitue pas une menace pour leur pays. « La conviction du gouvernement, c’est qu’à un moment ou à un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi, et que les relations vont se normaliser », a-t-il affirmé.
Cette position traduit aussi la volonté affichée par Cotonou de ne pas laisser les tensions politiques prendre le dessus sur les préoccupations économiques et sociales. Houngbédji a invité les acteurs concernés à consacrer davantage d’attention aux questions de développement plutôt qu’aux accusations de déstabilisation.
Un rapprochement engagé avec Niamey
Cette nouvelle déclaration intervient quelques mois après une séquence diplomatique importante entre les deux pays. Le 2 juin 2026, le président béninois Romuald Wadagni s’était rendu à Niamey, où il avait été reçu par le chef de l’État nigérien Abdourahamane Tiani. Les deux dirigeants avaient tenu un entretien puis une séance de travail avec leurs délégations.
À l’issue de cette rencontre, les deux parties avaient annoncé leur volonté de renforcer la coopération dans plusieurs domaines et de lever les obstacles qui entravaient les relations bilatérales. La réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger figurait parmi les dossiers retenus, avec la mise en place d’un comité d’experts chargé d’identifier les difficultés et de proposer des solutions.
Le déplacement de Wadagni constituait alors un signal de reprise du dialogue après plusieurs années de tensions. L’Agence nigérienne de presse avait rapporté que cette visite devait contribuer à renforcer les liens de coopération et de fraternité entre les deux pays.
Vendredi, le porte-parole du gouvernement béninois a affiché sa conviction que cette dynamique pouvait reprendre. Pour Cotonou, la priorité reste donc la poursuite du dialogue avec Niamey et le retour à des relations normales entre deux pays dont les populations entretiennent des liens anciens.



