Bassirou Diomaye Faye a expliqué ce jeudi 24 septembre à New York pourquoi il avait finalement décidé de remplacer Ousmane Sonko à la tête du gouvernement du Sénégal. Interrogé conjointement par France 24 et RFI, le chef de l’État a attribué cette décision à la dégradation de la confiance entre les deux responsables politiques.
Selon l’explication donnée par le président sénégalais, cette situation a perduré jusqu’à rendre nécessaire, à ses yeux, un changement à la Primature. « Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre », a déclaré Faye au cours de l’entretien.
Cette prise de parole intervient quatre mois après le départ de Sonko de la Primature. Le décret présidentiel du 22 mai 2026 avait mis fin à ses fonctions ainsi qu’à celles de l’ensemble du gouvernement. La décision avait été annoncée le soir même par le secrétaire général de la présidence, Oumar Samba Ba, à la télévision publique RTS.
Une condition posée dès le mois de mai
L’explication donnée ce jeudi rappelle une déclaration faite par Faye trois semaines avant le limogeage. Le 2 mai, lors d’un entretien avec la presse sénégalaise, il avait reconnu l’existence de divergences avec son Premier ministre tout en affirmant que celui-ci disposait encore de sa confiance. Le président avait alors lié le maintien de Sonko à la Primature à cette relation de confiance. Il avait expliqué qu’un autre Premier ministre serait nommé si celle-ci venait à disparaître.
Le 22 mai, Faye a mis fin aux fonctions de Sonko. Trois jours plus tard, il a nommé l’économiste Ahmadou Al Aminou Lo au poste de Premier ministre. Celui-ci avait auparavant dirigé la représentation sénégalaise de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
Sonko avait livré sa version de leur séparation
Après son départ du gouvernement, Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale. Lors d’un entretien accordé le 14 juin à France 24 et RFI, il avait assuré qu’il n’y aurait pas de « déchirure » avec Faye malgré leurs désaccords.
Les deux hommes avaient pourtant construit ensemble une longue trajectoire politique. Leur alliance avait joué un rôle déterminant lors de la présidentielle de mars 2024. Empêché de se présenter, Sonko avait soutenu la candidature de Faye, élu dès le premier tour avec 54,28 % des suffrages. Le changement intervenu en mai a ensuite placé les deux anciens alliés à la tête de deux institutions différentes : Faye à la présidence de la République et Sonko à celle de l’Assemblée nationale.
La chronologie de la rupture se précise
La déclaration faite à New York apporte désormais la version du chef de l’État sur l’élément qui a déterminé son choix. Alors que ses déclarations du début mai présentaient la perte de confiance comme une éventualité, Faye affirme aujourd’hui que cette rupture a persisté.
Le 2 mai, le président conditionnait encore publiquement le maintien de Sonko à la confiance qu’il lui accordait. Vingt jours plus tard, il mettait fin à ses fonctions. Sa déclaration du 24 septembre fournit désormais son explication de cette décision, plusieurs mois après la séparation politique des deux hommes.



