Vingt-trois ans après l’invasion de 2003, plus aucun soldat américain ne se trouve en Irak. En effet, le président américain Donald Trump a annoncé mercredi 30 septembre le départ des dernières forces de la base aérienne d’Erbil, dans le Kurdistan irakien, une séquence qui clôt l’opération Inherent Resolve. Cette sortie met fin à douze ans de d’offensive militaire contre l’État islamique (EI). Pour rappel cette dernière a été lancée en 2014 après la prise de vastes territoires irakiens et syriens par le groupe terroriste, et laisse Washington avec une présence réduite dans la région, désormais coordonnée depuis la Jordanie.
Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Trump parle d’une « victoire décisive » sur l’EI, qu’il dit « complètement décimé »: « Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’annoncer que les dernières forces américaines quittent l’Irak… Ce jour est une victoire pour les États-Unis, c’est une victoire pour l’Irak, et une victoire décisive sur l’État islamique, qui a été complètement anéanti. » a clamé le président américain.
Il a profité de l’occasion pour souligner le caractère « ordonné » du retrait des forces de la coalition et l’a opposé à celui d’Afghanistan, en 2021, sous l’administration de Joe Biden, où du matériel militaire avait été abandonné et où 13 militaires américains avaient perdu la vie. Il a enfoncé le clou en rappelant que l’intervention avait commencé sous George W. Bush, s’est prolongée sous Barack Obama puis Biden, et qualifie l’engagement de « bourbier ». Pour finir Il a salué enfin le nouveau Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, qu’il dit avoir soutenu dès le départ.
Un calendrier fixé sous Biden
Le retrait ne découle pas d’une décision récente. Et pour cause, selon le Pentagone, cité par ABC News, le plan a été négocié avec Bagdad en 2024 sous l’administration Biden, et celle de Trump l’a poursuivi en conservant le 30 septembre comme date butoir. Allant dans ce sens, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, avait exposé ce calendrier à Ali al-Zaidi lors d’une rencontre à Washington en juillet.
Il faut rappeler qu’environ 1 500 militaires américains et de la coalition étaient encore stationnés à Erbil avant le départ, selon CENTCOM. Le retrait s’est fait par étapes consécutives : fin de la mission de combat en décembre 2021, départ de Bagdad et de plusieurs bases clés en août 2025, puis finalement le retrait du nord-est de la Syrie en avril 2026. Toutefois le commandement de la coalition, CJTF-OIR, reste actif et siège désormais en Jordanie.
Les États-Unis n’abandonnent pas pour autant tout lien sécuritaire avec l’Irak. Ainsi, le Pentagone indique qu’il maintiendra une formation ciblée et un soutien en renseignement au profit des forces irakiennes. Malheureusement, le conflit a coûté la vie à plus de 4 500 soldats américains depuis 2003, selon les décomptes publiés par la presse américaine.



