Tchétchénie : Ramzan Kadyrov, soutenu par Poutine obtient un cinquième mandat avec 99,85% des voix

Cent pour cent des bulletins ont été dépouillés en Tchétchénie ce lundi 21 septembre, confirmant la victoire de Ramzan Kadyrov à la tête de la république russe du Caucase. La Commission électorale centrale russe (CEC) lui attribue 99,85% des suffrages, son meilleur score personnel depuis sa prise de fonction en 2007.

Un scrutin sans réel suspense

Le vote s’est déroulé sur trois jours, du 18 au 20 septembre, en même temps que les élections législatives russes. Deux candidats affrontaient officiellement Kadyrov : Ismaïl Denilkhanov, président de la Chambre publique tchétchène et candidat du parti Russie juste, ainsi que Khalid Nakaïev, député régional communiste. Chacun a recueilli 0,05% des voix, selon les chiffres publiés par la CEC et relayés par l’agence Interfax.

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Ce résultat dépasse les scores précédents du dirigeant tchétchène : 99,7% en 2021 et 97,94% en 2016, année de sa première élection directe. Avant cela, il avait été reconduit en 2011 par un vote unanime du Parlement local. Selon Caucasian Knot, le taux de participation après les deux premiers jours de scrutin atteignait 85,24% dans la capitale Grozny.

Une opposition marginale de longue date

Depuis l’instauration du vote direct en 2016, aucun adversaire de Kadyrov n’a franchi la barre des 5% des suffrages. En 2016, les trois candidats concurrents avaient obtenu entre 0,53% et 0,84% des voix ; en 2021, les deux opposants réunissaient moins de 0,4% du total, selon les chiffres compilés par Caucasian Knot. Des analystes cités par ce média avaient anticipé l’issue du scrutin de 2026 plusieurs mois à l’avance, estimant que la candidature de Denilkhanov et de Nakaïev relevait d’une formalité plus que d’une réelle compétition électorale.

Des liens étroits avec le Kremlin

Ce cinquième mandat s’appuie sur une relation de longue date entre Kadyrov et le président russe Vladimir Poutine. Ce dernier a personnellement soutenu sa candidature lors d’une rencontre au Kremlin fin avril 2026, exprimant l’espoir que « les habitants de la république le soutiennent à nouveau« . Depuis la nomination de son père Akhmat Kadyrov à la tête de la région en 2000, puis sa propre accession au pouvoir après l’assassinat de ce dernier en 2004, le dirigeant tchétchène compte parmi les alliés les plus fidèles du Kremlin. Il met à disposition de Moscou ses forces militaires personnelles, déployées en Ukraine depuis 2022, ainsi que ses réseaux diplomatiques au Moyen-Orient. En retour, la Tchétchénie bénéficie d’une large autonomie de gestion interne, les transferts financiers fédéraux constituant une part majoritaire du budget régional.

Cette configuration électorale n’est pas propre à 2026. Human Rights Watch avait qualifié en 2021 la reconduction de Kadyrov de prolongation d’un pouvoir jugé répressif, après que Poutine eut publiquement encouragé sa candidature à un mandat antérieur. Le mandat entamé lundi doit se poursuivre jusqu’en 2031, sauf changement de circonstances politiques à Moscou.

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