Un milliard de morts possibles avec l'IA : Bill Gates exige des garde-fous contraignants

Invité de l’émission américaine Meet the Press sur NBC le 25 septembre, Bill Gates a livré une mise en garde inhabituellement frontale sur l’intelligence artificielle. Le cofondateur de Microsoft a estimé que l’intelligence artificielle est « certainement assez puissante pour entraîner des événements qui pourraient causer un milliard de morts ».

Une menace liée à l’usage malveillant

Pour Bill Gates, ce scénario ne constitue pas une prévision chiffrée, mais plutôt un risque potentiel lié à l’utilisation malveillante de l’IA. Selon lui, le monde n’a jamais été confronté à une menace aussi puissante née de la combinaison d’individus mal intentionnés et des outils d’IA les plus avancés.

Une autorégulation jugée insuffisante

Face à ce risque, Gates veut une action rapide des pouvoirs publics. « Personne ne pense que l’autorégulation soit suffisante », a-t-il affirmé. Il demande la mise en place d’audits indépendants obligatoires et d’une surveillance stricte. Il estime par ailleurs, que les forces de l’ordre et les responsables politiques doivent prendre part au débat sur les règles à imposer pour mieux encadrer l’IA. Pour lui, des textes de loi contraignants doivent être adoptés par les États afin de permettre de réglementer ces technologies.

Une inquiétude partagée dans le monde de la technologie

Cette déclaration intervient après plusieurs alertes lancées par des acteurs de l’IA. En mars 2023, une lettre signée par des centaines de personnalités, dont Elon Musk, appelait à une pause dans le développement des IA les plus puissantes. En mai 2023, Sam Altman, Demis Hassabis, Geoffrey Hinton et Yoshua Bengio avaient également alerté sur le risque d’extinction lié à l’IA. Hinton avait auparavant quitté Google pour pouvoir s’exprimer plus librement sur les dangers de cette technologie.

Plus récemment, le chercheur Jacob Coxon a démissionné d’Anthropic le 9 septembre en affirmant que les concepteurs de l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait « tous nous tuer d’ici la fin de la décennie », tandis qu’Evan Hubinger, responsable de l’alignement chez Anthropic, a évalué à plus de 10 % le risque que l’IA anéantisse l’humanité dans les dix prochaines années.

En l’absence de règles fédérales, plusieurs États américains ont commencé à encadrer l’IA. La Californie, le Maryland et New York ont notamment pris des initiatives. Mais ces règles locales restent jugées insuffisantes face à un enjeu qui dépasse les frontières américaines.

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