Revirement sur le mandat unique: Comment Talon a berné tout le monde

Pendant la période de campagne et ses premiers mois au pouvoir, Patrice Talon a réussi à se donner une image d’homme d’honneur et de parole. Un an après, l’image s’est détériorée avec la fluctuation du discours présidentiel. Et le volte face du samedi dernier sur l’option du mandat unique en est une illustration.

Un discours fluctuant comme le taux d’échange du naira et qui cache mal un personnage lunatique. Après la période de séduction, Patrice Talon retourne à sa vraie nature. Celle d’un homme dont les propos varient au gré de ses intérêts du moment. Un habile politicien qui a su surfer sur les inquiétudes et des acteurs du moment pour agiter des idées qui ne laisseront personne indifférent. L’exemple de la promesse du mandat unique le prouve à suffisance. En quête de soutien et surtout de voix, Patrice Talon a promis faire un unique mandat présidentiel. Pas deux.

Durant toute la période de campagne, il a sillonné le Bénin en vendant cette idée et en a séduit les foules. « En voilà un qui ne va pas s’accrocher au pouvoir », se disaient les uns et les autres, fiers de trouver enfin un homme politique différent des précédents, et qui aspire au pouvoir juste pour servir les autres. Populations et surtout candidats ont jeté leur dévolu sur lui, croyant ainsi avoir trouvé la perle rare qui leur manquait. Erreur. Il fallait qu’il fasse un an au pouvoir pour qu’on voit le Chef de l’Etat revenir sur sa parole.

On se rappelle que le 06 avril, lors de son discours d’investiture, Patrice a affirmé à la face du monde : «C’est pourquoi je ferai de mon mandat unique, une exigence morale en exerçant le pouvoir d’état avec dignité et simplicité. Je m’acquitterai de mes devoirs de président de la république avec humilité, abnégation et sacrifice pour le bien-être de tous. De la nation, je garderai toujours présent à l’esprit la conviction qu’elle est une et indivisible, étant persuadé que notre pays ne sera fort que s’il reste uni… ». Le 1er août 2016, répondant aux questions d’un journaliste, il répond :

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Evolution de la production cotonnière: Comment le monopole Talon avait tué la filière

Lors de son intervention médiatique du samedi 08 avril, le président Patrice Talon s’est vanté de la renaissance de la filière coton depuis qu’il est aux affaires. Mais les statistiques sur les emblavures de 2006 à 2015, années où il était toujours acteur de la filière ne militent pas en faveur de ces flagorneries.

Cette sortie médiatique du Chef de l’Etat ouvre le débat sur l’évolution ou non de la campagne cotonnière 2016-2017 en cours actuellement. Alors qu’il se vante d’un record historique avec la production nationale de coton pour la campagne 2016-2017, les chiffres des dernières campagnes ne semblent pas trop militer en sa faveur. Tenez, les emblavures sont passées de 191.216 superficies en 2005-2006 (sous le monopole de Talon) à 405.400 en 2014-2015 et 306.000 en 2015-2016.  

Le constat est identique au niveau de la production cotonnière de 2006 à 2015. Sous le monopole Talon, la production a chuté, selon les statistiques officielles : 190.857 tonnes en 2005-2006 à 174.052 tonnes en 2011-2012. Il a fallu la période de transition au cours de laquelle l’Etat a repris ses attributions pour redonner le sourire aux producteurs, avec des résultats encourageants : 240.028 tonnes en 2012-2013 à 303.000 tonnes en 2015-2016.

Le monopole Talon dans la filière a eu des impacts négatifs sur la croissance économique. Au moment où l’homme d’affaires gérait seul la filière comme il voulait,

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Bilan de l’an 1 de Patrice Talon : Retour sur les faits marquants des 12 mois

En mars 2016, les Béninois ont dans leur majorité porté leur choix sur le candidat Patrice Talon, pour diriger le pays pendant les 5 prochaines années. Entre déception et espoir, le magnat du coton s’est installé pour faire mieux que son prédécesseur. Un an après, La Nouvelle Tribune fait revivre à ses lecteurs, les évènements qui ont retenu les attentions lors des 12 derniers mois au plan politique.

18 avril 2016, réconciliation entre Boni Yayi et Patrice Talon à Abidjan

Plus d’une semaine après sa prestation de serment à Porto-Novo, le nouveau président de la République du Bénin, Patrice Talon, va s’envoler pour la Côte d’Ivoire. Pas pour une visite officielle ou de travail, mais pour une réconciliation entre lui et l’ancien président Boni Yayi. Deux amis devenus ennemis jurés. En présence des chefs d’Etat Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire et Faure E. Gnassingbé du Togo, les deux hommes ont fumé le calumet de la paix. Devant micros et caméras, ils se sont embrassés pour sceller leur réconciliation. A la fin, Yayi et Talon se sont prononcés.

« Je voudrais vous dire qu’il y avait cette complicité entre mon frère le président Patrice, et moi-même. C’est une complicité que nous dévoilons aujourd’hui, complicité positive. Nous étions amis, nous le demeurons, et nous le resterons toujours. », a dit le premier, et au second de répondre également en ces termes : « Cela a été le maître-mot de notre déjeuner aujourd’hui, une bonne ambiance.Les intrigues de la compétition politique. C’est cela le mot, n’est-ce pas Monsieur le président? Ne prendrons pas le pas sur nos responsabilités d’œuvrer pour la paix. Cela prime sur toute autre considération. ».

22 Juin 2016 : Fixation des chefs-lieux de départements et nomination des préfets

Le décret portant fixation des chefs-lieux de département et la nomination des 12 nouveaux préfets, a été pris en conseil des ministres le 22 Juin 2016. Ce décret marque la mise en œuvre d’un autre décret de 17 ans, longtemps oublié. Ce découpage territorial parait comme une issue favorable d’un dossier « épineux ». Les populations de 12 nouvelles villes voient ainsi l’administration territoriale rapprochée d’elles. Cette mesure est et demeure l’une des réformes réussies du gouvernement de la rupture depuis sa prise de pouvoir, il y a un an.

7 juillet 2016, annulation des concours frauduleux organisés sous l’ancien régime

C’est l’une des premières décisions fortes prises par le président de la République Patrice Talon et son équipe. L’annulation des concours frauduleux de 2015 a été prononcée en conseil des ministres du 7 juillet 2016. Une satisfaction pour les syndicalistes surtout, qui ont souhaité que ces concours à polémique organisés sous Boni Yayi soient annulés dès que le nouveau président de la République va s’installer. Il s’agit de celui du ministère de l’Economie de Finances en particulier. Selon le rapport de la commission de vérification de la régularité des concours, sur les 99.000 candidats environ, elle n’a eu accès qu’à environ 30.000 dossiers. Cet acte courageux du nouveau départ a suscité des remous dans le rang des candidats déclarés admis à ces concours, et dont certains officiaient déjà dans l’administration.

28 Septembre 2016 : Adoption d’une nouvelle carte universitaire

A l’issue du conseil des ministres du mercredi 28 septembre 2016, le conseil des ministres a adopté une nouvelle carte universitaire pour « mutualiser les ressources humaines, matérielles, pédagogiques et infrastructurelles, et offrir aux personnels et aux étudiants, de meilleures conditions de travail et d’étude tout en s’efforçant à travers les brassages, de construire et de renforcer l’unité nationale ». Le Bénin dispose désormais de quatre universités : deux universités pluridisciplinaires et de deux universités thématiques. Les universités d’Abomey-Calavi et de Parakou sont pluridisciplinaires, et celles d’Abomey et de Porto-Novo sont thématiques. Le décret adopté par le conseil des ministres, portant création de ces universités, donne la liste des facultés, écoles et instituts qui sont regroupés ou attachés à ces quatre universités.

5 octobre 2016, Interdiction des activités des organisations estudiantines sur toutes les universités publiques du Bénin

Les annulations, interdictions et suppressions se suivent et s’enchainent sous le nouveau départ. Au cours de la rencontre hebdomadaire des ministres du 05 octobre 2016, le gouvernement de la rupture a pris un décret portant interdiction des activités des associations et organisations estudiantines faitières, dans les quatre universités publiques du Bénin à savoir Abomey-Calavi, Parakou, l’Université polytechnique d’Abomey et l’université des sciences agronomiques de Porto-Novo. Cette décision a été prise selon le communiqué du conseil des ministres, pour mettre fin  au désordre sur les campus universitaires, notamment celui de Calavi où on note souvent des actes de violence et de vandalisme. Très tôt, des voix se sont levées pour fustiger le décret gouvernemental. Quelques mois plus tard, la Cour Constitutionnelle a rendu une décision pour rétablir les étudiants dans leur droit.

30 novembre 2016, le gouvernement prononce la liquidation de la Sonapra, l’Onasa, la Caia et l’Ons

A l’issue du conseil des ministres du 30 novembre 2016, le gouvernement a décidé de liquider certaines sociétés et offices d’Etat. Il s’agit de la Sonapra (société nationale de promotion agricole), de la Caia Sa (la centrale d’achat des intrants agricole) de l’Onasa (Office nationale d’appui à la sécurité alimentaire) et de l’Ons (l’Office nationale de stabilisation et de soutien des prix des revus agricoles). Une liquidation qui s’inscrit dans la politique du quinquennat. «Il s’agit de mettre en œuvre pour les cinq ans à venir, un plan d’investissement massif afin de répondre à l’augmentation des besoins alimentaires et à l’accès au marché extérieur et intérieur. », avait expliqué le ministre d’Etat, secrétaire à la présidence Pascal Irénée Koupaki.

10 décembre 2016, Réorganisation des concours enseignants

Après l’annulation des concours frauduleux organisés en 2015, le nouveau pouvoir les réorganise. Il décide d’abord de recruter sept mille trente-trois (7033) enseignants contractuels de l’Etat pour le primaire et le secondaire. Ceci va combler le déficit créé par les départs massifs à la retraite cette année. C’est par le communiqué radio n°237/MTFPAS /DC/SGM/DGFP /DRAE/STCD/SA en date du 26 octobre 2016, que l’information officielle a été portée à l’attention des candidats.

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Bénin : Echec cuisant pour Patrice Talon

(Les grandes leçons du rejet) Après près d’un mois de battage médiatique, le projet de révision de la constitution a été rejeté par une minorité -de blocage- de 22 députés.Ce vote inattendu met fin à une campagne agitée et brutale, une procédure sibylline et un texte à polémique. Et pour Talon, il voit s’envoler le rêve de revendiquer un titre pompeux du « premier président à avoir touché au texte « sacré ».

« Vive la démocratie béninoise », ainsi s’est réjoui l’honorable Guy Dossou Mitokpè sur sa page facebook, après le vote de rejet inattendu hier soir à l’Assemblée nationale, du projet de loi sur la révision constitutionnelle. Le jeune député de Cotonou, suppléant de l’ex ministre de la défense Candide Azannaï, qui a rompu les amarres avec Talon il y a quelques jours, a pourfendu le projet jusqu’à la dernière minute, affirmant partout que ce n’était pas une priorité. Contrairement à ce député, plusieurs autres avaient gardé secrètement leurs positions sur le fameux texte, et ne l’ont exprimé que pendant le vote. Moment de grand suspense où on a vu se déchaîner les passions les plus incontrôlables et les points de vue les plus surprenants. Résultat de tout ceci : rejet du projet de révision de la constitution.

Ce résultat consacre l’échec personnel de Patrice Talon, qui a commis étape par étape des erreurs qui ont concouru au rejet intervenu hier à l’Assemblée nationale. L’une des toutes premières erreurs est d’avoir confié à une commission ad’hoc le travail marginal de donner son avis sur quelques réformes phares qui doivent être contenues dans le projet. Cette démarche a ravivé les premiers soupçons. Personne ne sait jusqu’à ce jour, celui ou ceux qui sont les auteurs de ce texte dans la mesure où, plusieurs membres de la commission dirigée par Joseph Djogbénou le ministre de la justice, ont décliné toute responsabilité dans la rédaction du texte. Ces soupçons ont été aggravés par la demande de vote en procédure d’urgence du texte envoyé à l’Assemblée nationale. Quelle est l’urgence ? Pourquoi tenir à faire adopter une nouvelle constitution dans ce mois de mars, décrété par le ministre de la justice comme « mois de la révision ». La précipitation ainsi affichée, le mystère cultivé autour du texte et le contenu ont fini par convaincre maintes personnes sur le caractère suspect de la réforme. « La révision de la constitution n’est pas le choix des chefs lieux des départements », a ironisé un syndicaliste.

Le résultat de l’obstination

Autoproclamé « compétiteur né », le président Patrice Talon essuie ainsi un revers inattendu, surprenant et historique. C’est l’une des rares fois en Afrique si ce n’est la première, qu’un président au pouvoir échoue dans sa volonté de réviser la loi fondamentale de son pays.

Il s’agit d’un véritable gâchis lorsqu’on sait que Patrice Talon, élu président dans la liesse collective, presque sans opposition politique depuis son arrivée au pouvoir, avait les moyens d’une

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Bénin: Mardi de tous les dangers à l’Assemblée nationale

Le rapport de la commission des lois relatif au projet de loi portant modification de la constitution du 11 décembre 1990, va-t-il recueillir la majorité des trois quarts (3/4) que requièrent les dispositions de l’article 154 de la loi fondamentale, qui dispose : « Pour être pris en considération, le projet ou la proposition de révision, doit être voté à la majorité des trois quarts des membres composant l’Assemblée nationale » ?

Tous les regards sont tournés aujourd’hui vers les députés de la 7è législature au palais des gouverneurs à Porto-Novo, qui sont appelés à prendre cette première décision fatidique sur le projet de révision de la constitution. Les députés, malgré les amendements non favorables de leurs mandants sur ce projet de révision de la constitution, arriveront-ils à recueillir éventuellement les ¾, autrement dit le vote favorable de 63 élus du peuple ?

Ce n’est qu’à cette seule occasion que ledit projet passera à l’étape de l’étude proprement dite, et des amendements. Mais pour l’heure, les tractations vont bon train au sein des différents groupes parlementaires. On ignore encore le sort qui sera réservé à ce projet. Il faut préciser que ledit rapport sur le projet de révision de la constitution a été examiné et adopté en commission le 30 mars 2017 dernier.

Dans sa conclusion, ce rapport suggère que le projet en question soit pris en considération. Les députés dans leur majorité,  vont-ils se soumettre à cette conclusion ou la rejeter ? Wait and See

Les députés se prononcent ce jour sur la recevabilité du projet

L’Assemblée nationale ouvre ce jour la session sur le projet de révision de la constitution. Au regard de l’avalanche de contestations enregistrée ces derniers jours-ci au sujet du projet, cette session s’annonce très risquée pour les députés mais aussi pour l’avenir de notre pays.

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Soirée politique à la Fondation Friedrich Ebert: Le projet de révision au scanner des experts

La Fondation Friedrich Ebert a initié hier 30 mars 2017, une soirée politique à son siège autour de la révision de la Constitution. Me Ibrahim Salami enseignant à l’Uac.Mathias Hounkpè, politologue ; Orden Alladatin, député et membre de la mouvance et Abraham Zinzindohoué, ancien président de la Cour Suprême ont constitué le panel. Différents aspects du texte qui est sur la table des députés ont  été abordés de fond en comble avec des critiques et contributions.

Toutes les voix qui s’élèvent dans l’opinion publique et qui abordent la révision de la Constitution ne sont pas contre le projet, mais fustigent une initiative qu’on veut réaliser au pas de charge, et en catimini, comme l’avait martelé le Professeur Frédéric Joël Aïvo sur Soleil Fm. La consultation populaire s’impose donc aux yeux de beaucoup d’observateurs, pour  donner plus de légitimité au projet.

En faisant référence à l’article 3 de la loi organique, Me Ibrahim Salami explique qu’à partir du moment où le gouvernement n’a pas mentionné qu’il s’agit d’un projet de loi destiné au référendum, on ne pourra plus aller au référendum ; et c’est l’un des points importants du débat. Parce que la révision n’est pas qu’une question juridique, elle est aussi une question de légitimité, de contexte politique dont il faut tenir compte. A l’en croire, dans les démocraties les plus fragiles comme la nôtre, il faut prendre les précautions les plus importantes.

Sur le sujet, Orden Alladatin, député UN et membre de la mouvance présidentielle, insiste sur le fait que la seule alternative actuellement, c’est d’abord l’option parlementaire. C’est donc clair que c’est le parlement qui définira l’issue du projet. Parce que si on doit aller au référendum nous informe-t-il, ce serait avec le texte brut du chef de l’Etat sans amendement et ce serait suicidaire pour

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Zik et sagesse : Savoir garder son chéri avec «Yon nu» de Kèmy

Trop de couples se brisent et il devient récurrent d’entendre des femmes dire que leur partenaire  va  «voir ailleurs». Les secrets pour y remédier sans avoir recours à des charlatans comme certaines, l’artiste rossignol  des affaires de couples, Olouwa Fèmy Kèmy, en donne la substance dans son morceau «Yon nu».

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