Coup d’Etat au Niger: Que vaut l’ultimatum de la Cedeao ?

Coup d’Etat au Niger: Que vaut l’ultimatum de la Cedeao ?

Réunis hier dimanche à Abuja en « sommet spécial », les dirigeants de la Cedeao tentent de mettre la pression sur la junte militaire qui a pris le pouvoir au Niger. Ils envisagent recourir à la force si dans un délai d’une semaine, le président nigérien déchu Mohammed Bazoum n’est pas rétabli dans ses prérogatives. Faisant ainsi courir pour ce pays et toute la sous-région, un bain de sang inutile et une transposition sur la terre africaine, la confrontation entre le bloc occidental et celui de la Russie. Outre la menace du défunt et ancien président de la Commission de la CEDEAO, le Béninois Marcel de Souza en décembre 2016, de faire usage de la force  en Gambie, si l’ancien président de ce pays Yaya Jammeh ne quittait pas le pouvoir, c’est la première fois que les dirigeants de l’organisation sous régionale de l’Afrique de l’ouest menacent ouvertement et directement un de ses membres d’une confrontation militaire.

En effet, le sommet extraordinaire de la Cedeao qui s’est tenu hier dimanche 30 juillet s’est achevé par un ultimatum d’une semaine donnée à la junte militaire pour réinvestir dans ses fonctions, le président démocratiquement élu il y a deux ans maintenant Mohammed Bazoum et déposé il y quelques jours. Dans son communiqué final, la Cedeao indique, en dehors des sanctions économiques et financières prises contre le pays et l’exigence d’une « libération immédiate et sans condition du président Mohammed Bazoum, que « toutes les options sont envisagées », y compris une intervention militaire, si celui-ci n’est pas rétabli dans ses fonctions passé ce délai. Quant à la junte militaire dirigée par le général Abdourahamane Tchiani, elle n’a pas attendu la fin de ce sommet extraordinaire pour réagir. Dans un communiqué publié la veille, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (Cnsp) a mis en garde contre toute tentative d’intervention militaire. Selon la junte au pouvoir, l’objectif de la rencontre d’Abuja est de « valider un plan d’agression contre le  Niger à travers une intervention militaire imminente en collaboration avec les pays africains non membres de l’organisation ainsi que des pays occidentaux ». Et le porte-parole de la junte d’ajouter avec fermeté : « nous rappelons une fois de plus à la Cedeao ou tout autre aventurier, notre ferme détermination à défendre notre patrie ». Comme on peut donc le constater, le ton monte dans les deux camps. D’un côté, une armée régulière nigérienne aguerrie par plusieurs années de lutte contre le terrorisme et de l’autre, une armée de la Cedeao qui n’existe pas. Ou plutôt, elle n’existe que de nom.

Ecomog en lambeau et pas d’alternative

C’est en 1990, au moment de la guerre civile au Liberia, qu’est créée l’Ecomog en Français, Brigade de surveillance du cessez-le-feu de la Cedeao, la force armée de la Cedeao. Une force qui avait pour objectifs de superviser le cessez-le-feu, le maintien de la paix à l’instar des Casques bleus des Nations-Unies, le déploiement préventif dans des zones de conflits ou encore le désarmement des forces armées non régulières.

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Niger: mission compliquée pour le président Talon

Le Niger, pays d’Afrique de l’Ouest, fait face à une situation politique tendue alors que des militaires des Forces de défense de sécurité (FDS) ont annoncé leur intention de mettre « fin au régime » du président Mohamed Bazoum. Ce dernier est actuellement séquestré par des membres de la garde présidentielle depuis plus de 24 heures. Le coup de théâtre a pris une tournure inattendue lorsque le chef d’état-major des armées du Niger a déclaré, via son compte Twitter, « souscrire à la déclaration » des putschistes, qui avait été lue la veille à la télévision nationale.

Cette prise de position de haut rang au sein de l’armée soulève de nombreuses questions quant aux raisons qui ont conduit à un tel soutien à l’égard des putschistes. Le communiqué, signé par le général Abdou Sidikou Issa, avance comme justification à cette décision la volonté d' »éviter une confrontation meurtrière« . Cependant, la présidence du Niger n’a pas encore réagi à ce soutien surprenant, laissant planer le doute quant à l’attitude qu’elle adoptera face à cette crise politique en cours.

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Coopération Bénin – Nigéria : la hache de guerre est-elle définitivement enterrée?

Le Bénin et le Nigéria ont-ils définitivement tourné les pages sombres de leurs relations? Tendues au cours des quatre dernières années, les relations entre le Bénin et le Nigéria se révèlent sous un autre jour avec l’arrivée au pouvoir de Bola Tinubu, candidat soutenu par l’ancien président Muhammadu Buhari lors de la dernière présidentielle au Nigéria. Au regard des premières actions de la nouvelle administration nigériane, Bola Tinubu semble se démarquer de la position de son prédécesseur et affiche une certaine volonté de normaliser les relations.

Des années durant, les relations entre le Bénin et le Nigéria ont été marquées par des tensions persistantes, exacerbées par la fermeture abrupte des frontières en août 2019. Cette mesure unilatérale prise par le président d’alors, Muhammadu Buhari, a entraîné des conséquences pour les deux pays. Le Bénin a payé le prix fort de cette mesure. Officiellement, les raisons avancées étaient d’ordre sécuritaire et visaient à lutter contre la contrebande et à protéger le marché. La fermeture initialement prévue pour une durée de 28 jours, s’est étendue sur plusieurs mois, causant des perturbations dans le passage des marchandises et des personnes entre les deux pays voisins et une crise économique touchant de nombreux secteurs informels.

Cependant, un changement significatif dans les relations s’est fait sentir avec l’arrivée au pouvoir de Bola Tinubu, successeur de Muhammadu Buhari. Quelques semaines après son investiture, Bola Tinubu a ordonné la réouverture complète du poste frontalier de Sèmè aux importations de véhicules et d’autres types de marchandises en provenance du Bénin ou d’autres Etats d’Afrique de l’Ouest. De plus, les présidents des deux nations se sont rencontrés à plusieurs reprises, témoignant d’un effort pour réchauffer les relations entre les deux pays. Des images de ces rencontres ont mis en évidence une certaine complicité entre les deux dirigeants, montrant une volonté commune de renforcer la coopération. Dans la foulée, le milliardaire nigérian Aliko Dangote a rendu visite au président Talon.

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Appel à la grâce présidentielle pour Aïvo, Madougou: Me Robert Dossou sera t-il entendu ?

Patrice Talon

Au cours de sa dernière sortie médiatique hier dimanche, Me Robert Dossou s’est invité dans le dossier très délicat des « détenus politiques« . Pour le paraphraser, il « quémande » la grâce du président Patrice Talon en faveur des prisonniers politiques Joël Aïvo, Réckya Madougou et consorts. Avant lui, plusieurs hautes personnalités béninoises ont déjà fait la même démarche. Des voix éminentes se sont élevées pour plaider en faveur de cette grâce présidentielle.

Les anciens présidents de la République du Bénin, Nicephore Soglo et Boni Yayi notamment. Jusque-là, il n’y a eu aucun résultat. Alors, cette énième démarche de Me Robert Dossou soulève une question cruciale : le président Talon sera-t-il, cette fois-ci à l’écoute de ces appels ? En effet, l’intervention de Me Dossou vient comme pour renforcer cette demande pressante de tous ceux qui se sont penchés sur le dossier.

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Mali, Burkina et Guinée: Patrice Talon, le joker panafricaniste de la CEDEAO ?

Mali, Burkina et Guinée: Patrice Talon, le joker panafricaniste de la CEDEAO ?

La crise politique qui traverse l’Afrique de l’Ouest, avec des situations tendues au Mali, au Burkina Faso et en Guinée, a amené la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à choisir un nouveau médiateur après l’échec des pressions et de ce que ces pays considèrent comme de l’intimidation. Patrice Talon, président du Bénin et adepte d’un discours d’autodétermination que certains qualifient à tort ou à raison de panafricaniste, a été désigné pour cette mission délicate.

Le choix de Talon s’est imposé pour plusieurs raisons, dont une est de prévenir un renforcement des tensions entre les régimes militaires en place et des figures influentes de la CEDEAO, telles que Alassane Ouattara, Macky Sall ou encore Nana Akufo Addo.

Pour certains observateurs et certains internautes, Patrice Talon est le seul démocratiquement élu proche idéologique des régimes militaires en place. Il faut dire que son discours sur LCI, notamment sa position envers Wagner avait séduit bon nombre d’internautes. Ses discours reflètent un esprit d’indépendance vis-à-vis des influences extérieures, notamment occidentales, et notamment de la France. Même s’il n’adopte pas une position radicale, il semble avoir bonne presse dans certains milieux. Pour preuve, il fait partie des rares présidents reçus par Ibrahim Traoré du Burkina Faso. Cette position lui confère une certaine immunité contre les critiques que ces régimes ont adressées à la CEDEAO, souvent perçue comme une entité lourde et alignée sur les positions françaises.

Le 16 février 2023, une étape significative s’est produite lorsque Patrice Talon s’est rendu à Ouagadougou pour discuter avec le président de la transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Cette visite a permis de renforcer les liens entre les deux pays, mais aussi d’apporter une réponse aux défis posés par les récents bouleversements politiques qui ont conduit à la suspension des principaux acteurs politiques de Ouagadougou, Bamako et Conakry par la CEDEAO.

L’échec des poids lourds de la CEDEAO, Talon peut-il réussir ? Pas si sûr!

Au sein de la CEDEAO, on ne peut que constater l’échec cuisant des politiques adoptées par les poids lourds de la région envers les nouveaux leaders militaires. Rejetés en bloc, ces derniers n’ont pas pu faire fléchir les pouvoirs militaires avec leurs sanctions.

Bien au contraire ils ont réussi à faire détester encore plus l’institution que représente la CEDEAO. Ces présidents ne s’attendaient pas à un tel soutien massif des populations envers les autorités du Mali et n’ont eu d’autre choix que de retirer des sanctions qui mettaient également à mal certains pays comme le Sénégal.

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