Le 28 janvier 2024, trois pays de l’Afrique de l’Ouest ont annoncé leur retrait officiel de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour fonder une nouvelle organisation régionale, la Confédération des États du Sahel (AES). Ce retrait a pour objectif de créer un espace de coopération autonome, centré sur des problématiques spécifiques telles que la sécurité et le développement. L’AES a rapidement pris des mesures pour structurer cette nouvelle organisation, en mettant l’accent sur la lutte contre le terrorisme et la déstabilisation causée par les groupes djihadistes, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger. La décision de quitter la CEDEAO a été accompagnée par des rassemblements populaires pour marquer ce changement, avec des activités organisées dans plusieurs localités.
AES
Sénégal-Mali : un partenariat pour la lutte transfrontalière contre le terrorisme
Le Mali et le Sénégal font face à des défis sécuritaires communs liés au terrorisme et à l’extrémisme violent, bien que leurs contextes respectifs diffèrent. Le Mali, en particulier, est en proie à une insécurité persistante depuis la rébellion touarègue de 2012 et l’implantation de groupes jihadistes comme Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Ces groupes ont exploité les faiblesses de l’État malien pour s’implanter, particulièrement dans le nord et le centre du pays, ce qui a entraîné une détérioration de la situation sécuritaire. Le Sénégal, bien que plus stable, fait face à une menace croissante de radicalisation, notamment à cause de sa proximité avec des zones instables comme le Mali. Il devient un point de transit pour les jihadistes se dirigeant vers la côte atlantique. Bien que les attaques soient rares, le risque d’infiltration de groupes extrémistes reste élevé.
Maghreb : vers une coopération énergétique durable avec le Niger
Le ministre nigérien du Pétrole, Sahabi Oumarou, a récemment entrepris une visite en Algérie dans le but de renforcer la coopération entre les deux pays dans le secteur énergétique. Lors de ce déplacement, plusieurs projets d’envergure ont été abordés, notamment le développement des infrastructures gazières et pétrolières. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des précédentes discussions visant à mettre en œuvre des initiatives communes, telles que l’exploration et la prospection des hydrocarbures. Le renforcement de la collaboration vise à augmenter les liens entre l’Algérie et le Niger, afin de favoriser l’autonomie énergétique de ce dernier tout en consolidant la position de l’Algérie en tant que leader régional dans le secteur.
Afrique : le Niger veut un Sahel fort et indépendant
Le Niger a affirmé avec force sa vision d’un Sahel tourné vers la stabilité et le développement. Le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a allégué avoir relayé le message du président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) lors de la 79ᵉ Assemblée générale des Nations Unies, insistant sur la souveraineté du pays et la nécessité pour les nations sahéliennes de prendre en main leur destin. Il a rappelé que le Niger, confronté à d’importants défis sécuritaires et économiques, ne comptait que sur ses propres forces pour assurer son avenir. Loin d’être une région vouée à l’instabilité, le Sahel doit devenir une zone de prospérité où les populations bénéficient pleinement des ressources et des opportunités économiques disponibles.
Mali : une association de Touaregs se range du côté de Goïta
Les revendications des groupes armés touaregs, comme le Front de libération de l’Azawad (FLA), sont profondément enracinées dans l’histoire du nord du Mali. Depuis plusieurs décennies, les populations touarègues du Mali, notamment celles de Kidal, Gao et Tombouctou, ont exprimé leur frustration face à leur marginalisation par le gouvernement central. Les tensions débouchaient souvent sur des rébellions violentes, réclamant soit une autonomie accrue, soit l’indépendance de la région de l’Azawad. Ce conflit a atteint son comble en 2012, lorsque des groupes rebelles ont lancé une insurrection demandant la création d’un État indépendant. Ce soulèvement a été rapidement amplifié par l’implication de groupes djihadistes, surtout ceux liés à Al-Qaïda, provoquant une crise majeure au Mali. Bien que l’intervention de la France en 2013 ait permis de repousser ces groupes armés, l’instabilité perdure. Le processus de paix initié par l’Accord de 2015 a mis en place un cadre pour la réconciliation, mais les tensions restent élevées et les revendications des groupes armés, comme le FLA, restent un point de friction majeur.
Mines au Mali : le Ghana veut investir dans le pays
L’or joue un grand rôle dans l’économie malienne, faisant du pays le troisième plus grand producteur du continent, après l’Afrique du Sud et le Ghana. L’industrie aurifère repose en grande partie sur des mines industrielles exploitées par des compagnies internationales. Parallèlement, l’orpaillage artisanal constitue une activité majeure, générant des emplois pour des centaines de milliers de Maliens. Cette double exploitation, industrielle et artisanale, fait de l’or un moteur économique essentiel pour le pays, contribuant de manière significative aux exportations et aux recettes publiques. Les investissements étrangers dans le secteur aurifère suscitent un grand intérêt, notamment en raison des récentes réformes minières mises en place par le gouvernement malien.
Marché UMOA : le Burkina Faso mobilise 32,99 milliards FCFA
Le 29 janvier 2025, le Burkina Faso a réalisé une levée de fonds sur le marché financier de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA), mobilisant un total de 32,99 milliards FCFA grâce à une émission de Bons et d’Obligations Assimilables du Trésor (BAT/OAT). L’opération, qui visait initialement 30 milliards FCFA, a suscité un fort intérêt des investisseurs, générant des soumissions globales atteignant 49,65 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 165,52 %. Ouagadougou a finalement retenu 32,99 milliards FCFA, correspondant à un taux d’absorption de 66,46 %. Parmi ces montants, les BAT, d’une maturité de 364 jours, ont représenté la plus grande part avec 18,59 milliards FCFA, tandis que les OAT se sont réparties sur trois échéances : 3 ans (5,31 milliards FCFA), 5 ans (8 milliards FCFA) et 7 ans (1,1 milliard FCFA).
Mali : des partis politiques appellent à une transition accélérée
La situation politique au Mali est marquée par une instabilité profonde, conséquence de plusieurs années de crises successives. Depuis 2012, le pays traverse une période de turbulences, accentuée par l’occupation du nord et du centre par des groupes armés, dont certains liés à Al-Qaïda et à l’État islamique. En août 2020, un coup d’État a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), excité par des frustrations populaires liées à la mauvaise gestion de la crise sécuritaire et à des allégations de corruption. Un groupe de militaires dirigé par le colonel Assimi Goïta a pris le pouvoir et instauré une transition politique, promettant des réformes et un retour à un gouvernement civil. Une charte de transition a été adoptée en septembre 2020, créant un gouvernement de transition dirigé par un président, Bah Ndaw, et un vice-président, Assimi Goïta. Cependant, la transition a été perturbée en mai 2021 lorsque Goïta a renversé le gouvernement de transition, affirmant que Bah Ndaw et son Premier ministre Moctar Ouane n’avaient pas respecté leurs engagements. Assimi Goïta est devenu le président de la transition après ce coup d’État.
Marché UEMOA : le Mali lève 33 milliards FCFA pour renforcer sa trésorerie
Le 22 janvier 2025, l’État malien a réussi une levée de fonds importante sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). Cette opération, réalisée par la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique, a permis de mobiliser 33 milliards de francs CFA. Pour atteindre cet objectif, le Mali a émis simultanément trois types d’instruments financiers : des bons assimilables du Trésor (BAT) à court terme et deux catégories d’obligations assimilables du Trésor (OAT) à moyen et long termes. Les investisseurs ont ainsi pu choisir entre différentes maturités et taux d’intérêt pour placer leur argent. Le montant mis en adjudication était initialement de 30 milliards de FCFA.
Niger: l'entreprise française Orano lance un autre arbitrage contre l'état
L’entreprise française Orano a engagé un deuxième arbitrage international contre le Niger. Ce recours, annoncé le 21 janvier 2025, fait suite à la perte de contrôle de sa filiale Somaïr, la société qui exploite la dernière mine d’uranium active du pays. Ce contentieux porte sur la commercialisation de la production de cette mine, un dossier sensible dans un contexte déjà tendu entre le groupe français et l’État nigérien. Orano dénonce l’entrave des autorités nigériennes à la bonne marche de son activité, ce qui a aggravé la situation financière de Somaïr, en particulier avec la mise sous séquestre de 1050 tonnes de concentré d’uranium, d’une valeur estimée à 300 millions d’euros.