Bénin : Talon promet d’associer les acteurs de la santé aux réformes du secteur

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Une rencontre de vérité a eu lieu le samedi 11 novembre 2017 au palais de la présidence de la République, entre le Chef de l’Etat et le collectif des syndicats du secteur de la santé. Ce secteur est paralysé depuis des semaines par la persistance des mouvements de grève.

Les responsables du Collectif des syndicats du secteur de la santé au Bénin, étaient présents le samedi dernier au palais de la présidence de la République sur invitation du chef de l’Etat. Adolphe Houssou coordonnateur de l’intersyndicale des ressources humaines en santé (Irhs), Soulé Salako secrétaire général du syndicat national des travailleurs des services de la santé humaine (Syntrasesh), Joseph Lanwasonou du syndicat des praticiens hospitaliers et les autres, sont venus échanger avec Patrice Talon sur les sujets qui fâchent.

Trois (03) points de revendication ont été abordés au cours de cette rencontre. Le premier concerne le payement de la prime de risque et la prime exceptionnelle de motivation aux agents de santé. Sur ce point, les échanges n’ont pas duré. Il a été retenu que le tiers sera immédiatement payé, soit plus de 2,4 milliards. Les deux autres tiers seront payés en deux semaines.

En clair, les engagements pris par le gouvernement seront tenus. Mais les responsables syndicaux ont tenu à préciser au Chef de l’Etat que les revendications d’ordre financier ne sont pas les mobiles fondamentaux des mouvements de débrayage.

Les réformes, le principal point de divergence

Le deuxième et plus important sujet abordé lors de cette rencontre, est relatif aux réformes initiées par l’actuel régime dans le secteur de la santé. Et c’est à ce niveau que de longues discussions ont eu lieu. Le chef de l’Etat a saisi cette occasion pour rappeler aux responsables syndicaux ce pour quoi les réformes sont nécessaires au secteur de la santé. Manque de plateaux techniques dans les hôpitaux, insuffisance de personnel qualifié, corruption et autres, sont autant de choses qu’il urge de corriger. Patrice Talon explique que c’est au regard de ces problèmes qu’il a initié les réformes. En faisant allusion à la revendication des syndicalistes qui exigent le report de la décision de création d’un comité technique de mise en œuvre des réformes, le président de la République a précisé qu’il appartient aux gouvernants d’opérer des changements dans les secteurs dans lesquels ça va mal. Certes les travailleurs des secteurs concernés doivent être associés, mais cela ne peut constituer un motif de déclenchement de grèves qui sont préjudiciables pour le peuple.

En réponse à ces explications, les partenaires ont fait savoir au chef de l’Etat qu’ils ont appris que les réformes ont commencé à être mises en œuvre, sans leur avis. C’est ce qui justifie la persistance des mouvements de grève.

A ce niveau, le président de la République a voulu faire taire les suspicions en déclarant que le rapport de la commission est en relecture et que leurs amendements seront jugés pertinents et intégrés.

La carrière des agents de santé

Au cours des échanges, les doléances d’ordre administratif n’ont pas été occultées. En effet depuis 2014, certains agents de la santé sont sans salaire. Une situation qui dérange les autres agents qui estiment que c’est une injustice à corriger dans l’immédiat. Un accord de principe a été donné pour la résolution des préoccupations relatives à la carrière des agents du secteur. Des comités sont formés pour se pencher sur la question. Les travaux sont en cours et d’ici peu, ce problème sera conjugué au passé.

Le dossier de la trentaine de médecins spécialistes qui jusque-là perçoivent le même salaire que les généralistes, a été également soulevé au cours de la séance. Des instructions ont été données au ministre de la fonction publique et à celui de l’Economie et des Finances pour corriger le tir. D’autres questions surtout celle de la gratuité de la césarienne, étaient au menu des échanges. Les syndicalistes ont pour finir souhaiter un changement de la méthode de dialogue de la part des ministres du gouvernement.

Globalement, les échanges ont eu lieu dans une ambiance détendue et conviviale. Les responsables syndicaux n’ont pas caché leur satisfaction à la fin de cette rencontre. Ils promettent rendre compte à leur base avant de décider du comportement à adopter. C’est donc possible que les disciples de Saint Luc reprennent normalement service cette semaine, pour le bonheur des usagers des hôpitaux… Mais Ce n’est pas pour autant que le dialogue sera rompu.

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